Bizarre bizarre... Je passe mes début de soirée sur Arte, et ce, d'autant plus volontiers que cette chaîne nous
balade au gré de ses documentaires et de ses émissions « aux quatre coins du monde » (pour utiliser une formule éculée). Tiens, y'a pas longtemps, c'était en Italie, près d'une petite
ville dont j'ai oublié le nom, mais les paysages étaient beaux au point que j'ai immédiatement voulu savoir dans quelle région c'était – la Toscane – me promettant d'y aller un jour, parce que ce
n'est pas la première fois que cet endroit me fait un appel du pied.
Mais hier, au moment de choisir le programme télé de la soirée, encouragé par mes explorations artevisuelles, j’ai décidé de regarder Zone Interdite sur la 3, émission consacrée cette fois à la Camargue et à la Bretagne des canaux navigables. Pas décollé une seule seconde. Je ne crois pas que la réalisation soit en cause. Il y avait ce qu’il faut de panoramiques larges et de vues aériennes, de nature en fête, mais je ne sais pas, ça ne fonctionnait pas. La lumière était-elle décidément franchouillarde, ou pour le dire de façon moins cynique, trop familière ? Je ne sais pas.
e muesli fait tourner le
petit déjeuner à la punition. C’est en gros le point de vue que j’entends exposer ici, mais qu’il soit bien clair entre nous que la marque « Jardin Bio » a sans doute plein d’autres
produits très bien, parmi lesquels, un accident est si vite arrivé, d’autres mueslis, savoureux si ça se trouve. Ayant pris connaissance de cet avertissement préalable, il ne vous reste plus qu’à
dater, signer, par exemple au feutre indélébile sur l’écran en faisant précéder votre signature de la mention manuscrite suivante : « Si ça se trouve, Jardin Bio, c’est bien, hein, va
savoir ? »
Si je tenais celui, ou celle qui a osé concevoir ce mélange, je crois que je l’obligeais à goûter ce qui me parait résulter d’une approche trop intellectualisée, ou exclusivement marketing. Sur le papier, et en particulier sur l’emballage, il est bien ce muesli. On identifie tout de suite au moins trois de ses caractéristiques : le bio, le sans sucres ajoutés, les graines.
Sur le bio, rien à dire. Dans les raisons perpétuellement renouvelées de nous vendre tout, toujours plus cher, celle là suscite plutôt l’adhésion, en tout cas plus que la pénurie organisée par la spéculation ou le renchérissement des énergies fossiles. Allons y pour le muesli bio, pourquoi pas...
Le sans sucres ajoutés a lui aussi plutôt une bonne gueule, avenante et franche : on aurait pu vous refiler en douce DES sucres (sous entendu, comme le font les produits concurrents) en profitant sournoisement de ce que vous ne lisez pas toujours les étiquette et que le sucre, vous adorez ça, mais non. On n’a rien ajouté, et on vous le dit.
On remarquera au passage que cet argument met en exergue un truc « en creux », qu’on n’a pas mis, pas fait. C’est un peu tordu d’ériger en qualité ce qui reste l’absence d’un défaut. C’est pourtant un ressort marketing assez puissant, qui surfe pas cher sur l’air du temps, genre « garanti sans huile de palme hydrogénée ». Mais ça n’est vraiment efficace que si le produit est raccord. Ben oui, si vous trouvez valorisé cette absence d’huile de palme ou le fait qu’il n’ait été procédé à aucun essai sur les animaux, étiqueté sur vos prochaines bottes en caoutchouc, je suppose que ces arguments ne participeront pas massivement à votre décision d’achat. De plus, ici, notre « sans sucre ajouté » ment un peu par omission, puisqu’il oublie de dire que ce muesli contient quand même 48,8% de glucides dont 9,5% de sucre.
C’est les graines le problème. L’idée de graine est pourtant bonne, complètement positive. Graine, ça vous a des airs rondouillards traversés d’élan vital, de germination. C’est aérien : les oiseaux ne picorent-ils pas des graines ? Mais au cas où la poésie pure ne suffirait pas, appelons en à la science : les graines c’est bourré à craquer d’Oméga 3.
Là, si je voulais nous faire collectivement toucher du doigt à quel point il s’agit, pour ce produit comme pour tous les autres, de nous faire céder à une impulsion reposant en réalité sur du vent, je te demanderais de marquer une pause dans la lecture de cet article et de poster un commentaire, sans tricher en copiant sur la voisine, sans faire un détour sur Wikipédia et tu nous dirait en une phrase ou deux ce qu’est un oméga 3.
Et tiens, pendant que tu y seras, sachant que les « graines gourmandes » dont ce muesli est hélas truffé sont des graines de lin, de sarrasin, de courge, de sésame et de tournesol, dis moi également à quoi elles ressemblent chacune et quelles sont selon toi leur goût et leurs vertus.
Ah, tu vois ? A part le tournesol, il est assez probable que, comme moi, et malgré notre très grande agriculture générale, tu soies dans l’incapacité de les identifier, ni là, ni dans la nourriture de ton hamster, ni sans celui de ta perruche. Donc on pourrait blinder ton muesli avec des graines de plantes toxiques, tu n’y verrait que du feu, il suffirait de te dire que les graines, c’est bien, et trouver des plantes à la réputation sympathique : lin parce que ça fait naturel, sarrasin parce que ça fait breton, sésame parce que ça fait Ali Baba, courge parce que ça fait dodu etc. et des oméga 3, si ça se trouve, il y en a plein dans l’huile de foie de morue, mais c’est pas pour ça qu'on va se jeter dessus.
Parce que le problème, pour y venir enfin, c’est que ce muesli a un goût épouvantable. Je soupçonne fortement les graines de lin d’en être la cause, celles là même qu’on ajoute à la nourriture des vaches pour qu’elles pètent moins. Ce n’est donc pas un muesli dont la composition a été établie sur des critères gustatifs. C’est un muesli conceptuel, qui tire à hue et à dia sur ces trucs et des machins dont notre cervelle est traversée, mais qui n’ont laissé qu’une trace positive que rien ne rempli.
Je me demande même si le fait que ce muesli soit infecte n’accrédite pas sa valeur d’alicament, autrement dit, s’il ne prétend pas nous soigner en même temps qu’il nous nourrit ? Or un médicament, c’est bien connu, s’il est administré par voix orale, doit susciter une grimace pour être réellement efficace. Si cette hypothèse est bonne, se trouverait encore une fois mise en oeuvre ce sempiternel diktat judéo-chrétien de la mortification, de la sanctification par le déplaisir, qui va hélas très bien avec une certaine conception de l’écologie, comprise comme une ascèse pénible destinée à expier nos fautes envers mère nature.
Bref, ce produit est beuark, de quelque côté qu’on le consomme et nous promettre de la gourmandise en même temps que son absolution n’y changera rien.
Ceci dit, en mélangeant avec des « Speciale K » de Kellogs, au miel et aux noix, ça passe.
Qu’on soit bien d’accord : j’enlève le tiroir, je te le pose sur la table, je te le nous photographie en l’état puis, dans un deuxième temps, j’en ventile le contenu sur une nappe en papier pour prendre la vue « éclatée ». C’est à dire que je n’en range ni arrange le contenu préalablement. Après oui. C’est dire que cet inventaire n’est exacte qu’au moment de la photo, le contenu du tiroir étant susceptible de varier dans des proportions importantes à la suite du fonctionnement des usines hydroélectriques. D’ailleurs il n’est déjà plus le même puisque les deux louches ont fini par se rejoindre et la fourchette à fondue ayant fini de purger sa peine dans le tiroir supérieur, a fini par rejoindre ses copines au troisième. On en a profité aussi pour passer un coup d’éponge et virer deux trois trucs. Tu dis ? Combien exactement ? Trois : les deux supports de tournebroche qui dataient du four d’avant et le moulin à poivre, celui-ci ayant fini sa carrière dans la déchéance la plus totale en moulinant des pilules pour chat.
On a également rangé le petit peloton de ficelle en sisal dans la boite « ficelles » du placard du couloir. Ben oui, depuis le passage de la tornade blanche en 2010, ce placard contient une boite pour les ficelles. Vous ai-je dis que la saga familiale raconte que chez ma grand-mère maternelle, une boite était étiquetée « Petits bouts de ficelle ne pouvant servir à rien » ?
Or donc, qu’avons nous là ? À première vue, des sets, des ustensiles de cuisine et de pâtisserie. Mais entrons de gauche à droite et de bas en haut dans le détail.
Les sets sont ceux que nous utilisons tous les jours. Bambou tissé, increvables. Pourquoi des sets ? Parce que la table est en verre, donc très sonore et très transparente. Sans set, le moindre couvert remué signalerait immédiatement notre position à l’ennemi. De plus, sans set, on voit nos pieds à travers ce qu’on mange et comme je circule chez moi en chaussettes et sandales, on aura compris que ces sets servent aussi de voile pudique. Les jours de fête, on utilise plutôt les sets rapportés par les enfants du Pérou.
Une spatule brûlée au troisième degré, mais indispensable pour les poêles au revêtement anti-adhésif, mais si ceux-ci ne résistent jamais très longtemps. Si le Père Noël t’a apporté une poêle revêtue de céramique, merci de nous faire profiter de ton retour d’expérience. Perso, j’hésite encore, vu le prix.
La deuxième louche, celle au désagréable manche carré. J’ai limé les angles, mais pas encore assez. Une autre spatule en plastique, pas du tout pratique celle-là et juste à côté, merci de bien vouloir mettre en fond sonore quelque chose comme l’hymne à la joie, la « cuillère » à pâtes, qui cumule les avantages de la louche, de la fourchette de service et de l’écumoire. Tout à fait indispensable dans cette maison où la nouille sous toutes ses forme est souvent conviée à table.
Trois fouets à pâtisserie. Ne me demandez pas les avantages des uns comparés aux autres : je ne m’en sert que de très loin en très loin, pour la pâte à crêpe. D’ailleurs tiens ? Ça va bientôt être la saison, non ?
Un couperet de boucher, en cavale de la mallette à couteaux, dont la seule existence confirme les intentions possiblement meurtrière de qui nous l’a offerte.
Une fourchette à rôti. Tiens ? Je me demande où est l’autre, celle qui sert vraiment pour le poulet du dimanche midi ?
Une des trois spatules à pâtisserie ; la grande. On verra les deux petites plus loin.
La rangée d’en dessous commence par des gadgets que m’a donné Lou. Ces petits accessoires colorés permettent de manger facilement avec des baguettes. Oui, je sais, c’est de la triche, mais quand les fourchettes sont en panne, on est bien content de les trouver.
Les voilà ! les fourchettes à fondue qu’on ne cherchait pas du tout partout, vu qu’on ne mange jamais de fondue ! C’est gras, c’est lourd la fondue et quand on perd le bout de pain dans ce putain de fromage, on a droit à des coups de fouet. Remarque, en fouet, on a ce qui faut, surtout si on ajoute les deux du batteur électrique qu’on trouvera un peu plus loin dans la rangée.
Les deux supports de tournebroche à qui cet article a valu de prendre une retraite bien méritée dans le sac des trucs à recycler, comme leur voisin le moulin à poivre. Il faut quand même préciser que celui-ci a été remplacé par un vrai bon moulin à poivre Peugeot à grosseur de mouture variable et double arbre à came en tête. Dessous, une corne de pâtisserie, bleue, c’est fou ce qu’on révise comme vocabulaire et on termine par les déjà vu spatules, fouets, ficelle. Ouf !
Seriez-vous vénaux ? Non parce qu’il faut bien se rendre à l’évidence : depuis qu’il n’y a rien à gagner au Schmilblick, votre rythme de suggestions a beaucoup diminué et quand je vous aurai dit que désormais, c’est aux perdants de se cotiser pour offrir un lot au gagnant... Nan, je plaisante. Ceci dit, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis que j’ai évoqué l’idée d’envoyer tout ce qui ne me servait pas dans mes tiroirs à Nicolas, s’il avait le malheur de gagner de nouveau à ce jeu : silence radio de l’intéressé. On l’a vu prendre incognito un billet simple pour Kathakali, alors même que seul mon vérificateur d’orthographe sait que ce bled existe. Tu dis ? Ce n’est pas un bled, c’est une danse indienne ? Ah ben tu vois : Nicolas ne veut VRAIMENT pas qu’on le retrouve. Et tiens, puisqu’on en est aux jeux et aux mots, voilà quelques définitions marrantes relevées dans les dernières grilles de mots fléchés qu'il m'a été donné de remplir ces jours-ci :
C'est quoi, d'après vous ?
(Plus tard) Nouveau lien intéressant pour ceux que le sujet des femmes peintre intéresse.
ue au détour d’un documentaire titré L'architecture de terre sur Arte, la construction de cette
case en terre crue, finie en moins de trois semaines...
D'autres photos, tirées du blog de Marie : 5 mois au Burkina Faso
Sur Arte toujours, dans le dernier opus des documentaires « Inde sauvage » (qui pour une fois nous montre ce pays sous un autre angle que la grande misère urbaine), ce « pont vivant » : on déterre les racines des ficus d’un côté de la rivière, on les enterre de l’autre et ça fini par constituer un pont vivant, très solide. Celui-ci a plus de trente an. Vu également dans le même documentaire ce magnifique scarabée cuivré. On l’aime déjà.
Illustrations : Le tiroir en question dans son état naturel, puis le même, au contenu étalé. Mode d'emploi : tu cliques sur la photo deux. Elle s'ouvre alors dans une deuxième fenêtre où tu peux faire des aller-retours avec le texte au fil de ta lecture.
1 – Compartiment tueur
Se trouvent rassemblés là nombre d'outils tranchants, à commencer par une cisaille à volaille, elle-même échappé d'une mallette de couteaux dont on retrouvera quelques naufragés plus loin. Je ne l'ai jamais utilisée pour couper de la volaille, puisque le couteau d'ogre rempli tout à fait cet office, mais elle va aussi très bien pour couper des matériaux durs, carton, tôle. Tu dis ? Elle devrait postuler pour se faire embaucher dans la boite à outils ? C'est une idée.
Le couteau à pain, lui, ne sert qu'à couper le pain, en association avec l'une ou l'autre des planches à découper. Ça c'est du bon ouvrier : fidèle, fiable, toujours rangé à la même place.
Le couteau à jambon, issu de la mallette. Je défie quiconque de couper du jambon avec, mais il va très bien pour couper le papier en grande feuille suivant la pliure, kraft pour les emballages, papier cadeau, nappe en papier...
Une louche, à mon avis égarée du tiroir d'après, ce qui prouve bien que ce n'est pas toujours ma brune qui range la vaisselle : voilà une erreur de casting qu'elle n'aurait jamais commise, tu penses bien ! Ou alors cette louche est là pour faire des petits ? Après tout, une louche à bord tranchant pourrait peut-être s'avérer utile. Un couteau creux, moins.
Le couteau d'assassin, issu lui aussi de la fameuse mallette cadeaux. Y'a pas une superstition qui dit qu'on n'offre pas de couteau aux amis, parce que ça coupe l'amitié ? Remarque, sachant que la mallette en question m'a été offerte par ma belle-mère, y'a pas grand-chose à couper...
Un couteau à je ne sais pas quoi. Désosser ? M'en suis jamais servi de celui-là. Tu le veux ? D'ailleurs tiens, oui, ce serait une idée : je mets tout ce qui ne sert pas dans un carton et hop, je l'expédie au prochain gagnant du Schmilblick, à condition que ce soit Nicolas. Je me doute bien que vous autres, vous avez déjà tout le nécessaire et au moins autant de superflu. Un autre couteau à jambon, vaguement d'inspiration Laguiole, fourni avec le jambon cru qui allait avec. Élégant et beaucoup trop mou.
Une fourchette à fondue, dont on se demande bien ce qu'elle peut faire là toute seule. Dieu sait où sont les autres. La fondue, tu sais, c'est ce truc que tu fais chez toi environ une fois par siècle et dont la mise en œuvre à elle seule est tout à fait pénible.
Le fusil à aiguiser, complètement inutile également, malgré ses airs irremplaçables, vu que j'aiguise mes couteaux sur le bord de la table en verre de la cuisine.
Un monstre. C'est un des innombrables couteaux confectionnés par mon frère à partir d'une lame de ressort de camion. Vu la tronche de celui-là, il doit dater de ses début. Si tu es vraiment sage, je t'en montrerai un autre, d'inspiration japonaise, vraiment beau. Remarque, celui là m'a l'air de pouvoir tout supporter, y compris qu'on lui tape dessus pour faire des trous dans le béton. Y penser si je dois attaquer des travaux de fond.
2 – Rassemblement improbable
Alors là, on glisse franchement sur la pente du n'importe quoi. Une fourchette jetable, deux pinces à linge dépareillées et deux feutres permanents, probablement planqués ici pour ne pas être confondus avec les feutres Véléda pour le tableau blanc. Quiconque a déjà pris les uns pour les autres comprendra cette sage précaution. Pour le reste du contenu, ça commence à ressembler à de la peur du vide.
3 – Des embouts, mais pas que
En théorie au moins, les embouts de bouteille (ou de brique de lait), devraient être relativement utiles, sauf que celui destiné aux bouteilles d'huile Puget ne se ferme pas, autant dire que l'huile reste à l'air et qu'en cas de renversement de bouteille, c'est la cata, que celui pour les briques de lait ne nous sert pas puisqu'on le prend maintenant en bouteilles (Tu parles, quand on le prenait en brique, il ne servait pas non plus...) quant au troisième, c'est plutôt un souvenir puisqu'il venait coiffer une bouteille de Farigoule, dont la seule évocation entraine une nostalgie familiale irrépressible. On a tourné tout un été à la farigoule et c'était de très bonnes vacances.
Un faux couteau suisse, dont le tire-bouchon est tout niqué, et dont les autres accessoires ne valent sans doute pas mieux. Sinon, c'est pratique, un couteau suisse, en ballade, à condition de penser à le prendre. Là où il est, celui-là ne risque pas d'être dérangé. De toute façon, j'ai un autre couteau multifonction très bien, pendu près de la porte d'entrée avec les clés, où il beaucoup plus de chance de participer à mes activités plein air.
Un ouvre boite, du même modèle que les deux autres, mais qui va rester là, parce que le meilleur endroit pour ranger un truc, c'est pas forcément la place où il doit être mais celle où on le cherche. En suivant ce principe là, tu perds beaucoup moins de temps à trouver ce que tu cherches si tu as pris la précaution d'en bourrer tous tes tiroirs. Tu dis ? Nos tiroirs semble sacrifier massivement à ce principe ? C'est pas faux et c'est ce que semble indiquer la présence de quatre nouveaux feutres dans cet alvéole. On en est déjà à six rien que pour ce tiroir, et j'ai l'impression que ce n'est pas fini.
4 – Hard métal
Tiens, le contenu de cette alvéole ressemble beaucoup à son homologue du tiroir d'en-dessus. Un casse-noix, le deuxième donc, mais qui n'est toujours pas celui dont on se sert, j'allais dire « habituellement », mais on ne passe pas nos soirée à casser des noix.
Un décapsuleur, je ne sais plus à combien on en est, j'ai arrêté de compter après 10 puissance 7.
Un tire-bouchon, pas très glamour celui-là, mais increvable et finalement assez pratique. On trouvera son successeur, nouvellement arrivé, sophistiqué et design, dans le dernier tiroir, le cinquième, mais n'anticipons pas.
Une cuillère à glace, plutôt belle dans sa totale inutilité (de Tours) et amochée puisque on trouvera les pièces détachées de son manche dans l'alvéole 8. Tiens ? On pourrait rassembler au même endroit tous les objets nécessitant une réparation, dans une sorte d'hospice où ils attendraient d'être recollés, ressoudés, recousus. Tu dis ? La poubelle te parais être l'endroit idéal pour ça ? Tu es d'une cruauté ! De toute façon, je n'ai jamais réussi à faire des boules de glace avec ce genre de cuillières. Tu dis ? Il faut la tremper dans l'eau chaude avant ? C'est ça, et la tremper dans l'huile, ça fera un escargot tout chaud ? On connait la chanson !
5 – Les couteaux à steak et à Pizza
Ouf ! Il était temps de retrouver un peu de cohérence dans le rassemblement des objets dans la même alvéole. C'est le cas avec les couteaux à steak et à pizza. Bon, la vérité m'oblige à dire qu'ils servent également pas mal à cuisiner, remplaçant alors d'autant plus facilement les couteaux d'office que nous n'en n'avons pas. Trois modèles différents seulement : on frise l'homogénéité !
6 – Trois orphelins
Alors là, j'ai beau chercher, je ne vois pas ce qui rassemblerait pertinemment cette louche moche, ce pinceau à pâtisserie et ce couteau épluche légume. Probablement rien d'autre que leur dimension hors-tout. Seul le couteau épluche légume sert plus d'une fois par année bisextile, mais d'ailleurs, à bien y réfléchir, il me semble bien qu'on en a deux, l'autre étant pourvu d'un manche rose vif, très pratique pour l'isoler visuellement dans le merdier. Où est-il ? J'espère qu'il ne s'est pas tiré vers des contrées plus civilisées...
7 – L'alvéole à ciseaux
Que ce soit clair, si vous n'êtes pas un ciseaux, vous n'avez rien à faire ici. On considèrera donc que la pince brucelles, la roulette à découper les pizzas (ou les tartes) et le troisième casse-noix sont là en simple visite. La pince sert à sortir les tranches de pain du grille-pain sans se cramer les doigts. Le casse-noix servirait si on avait des noix à casser, ou des noisettes, parce que lui est assez pratique, contrairement aux deux autres. La roulette ne sert à rien : hop ! Chez Nicolas.
8 – Petit merdier toi même
Je soupçonne cette alvéole, très accessible dès qu'on ouvre ce tiroir, de recueillir le tout venant de ce qui ne va pas ailleurs. Il y a des lieux d'accueil au grand coeur, comme ça. J'en connais d'autres, c'est par exemple, à la fin de toute tentative de classement, la catégorie « divers ». C'est aussi, quand on déménage, l'ultime carton dans lequel on fini par fourrer en vrac à la pelle tout ce qui n'est pas rentré dans les jolis cartons étiquetés. La 8 est donc une alvéole fourre-tout, elle n'est ni la première ni la seule, mais pour elle, cette vocation paraît pleinement assumée. On y trouvera donc, dans l'ordre d'apparition à l'écran : les éléments de la poignée de la cuillère à glace, une pince à linge en bois, du lien vert à plante, dont tu pourrais te demander imprudemment ce qu'il fout dans une cuisine, mais ce serait oublier que la nôtre est petit à petit envahie par un scindapsus, dont la croissance euphorique laisse à penser qu'un jour, ce sera lui ou nous, et qu'il faut régulièrement attacher à son support pour éviter qu'il ne vienne manger dans nos assiettes. Du coup, on trouvera aussi, récupérés, et probablement pour le même usage, les liens fermant certains sacs plastiques et, plus étonnant, des attaches dont on ne voit pas bien quel pourrait-être le ré-usage... Peut-être pour les sacs congélation ? On aborde là un domaine bien trop technique pour moi.
Un élastique, dont la place ne paraît pas usurpée au regard de son usage possible comme lien. Deux piles R6 et deux piles bouton, probablement usagées, les neuves sont dans une panière dans le placard des jeux de société, celles-là attendant probablement de rejoindre les autres, stockées dans un bocal dans la penderie de l'entrée, avant leur grand voyage à la déchèterie. Un joint torique probablement remisé à cet endroit pour sa vague parentée avec un bracelet élastique et on aura terminé l'inventaire de cette alvéole en mentionnant la demi-rondelle de bouchon (de champagne) pratique pour caler un meuble bancal, sauf que nous n'avons pas de meubles bancaux.
9 – La papeterie
Il faut se rendre à l'évidence, ici, la papeterie a tendance à tout envahir. Faut-il y voir une radicalisation du principe déjà évoqué selon lequel on perd d'autant moins de temps à chercher un truc qu'on en a fourré partout ? Y'a un peu de ça, mais ce principe s'oppose à un autre, qui découle de la loi de l'emmerdement maximum et trouve dans la papeterie une déclinaison toujours vérifiée qu'on pourrait énoncer ainsi : « Putain, mais y'a jamais UN stylo qui marche dans cette baraque ! » Certes, il n'y a pas ici que des stylos, et on chercherait en vain à écrire avec la petite cuillère en céramique venue à Noël de Corse avec sa copine la tasse de céramique assortie. De même, on chercherait en vain à écrire avec le cutter ou la pince à linge bleue. C'est moi, ou y'a des pinces à linges partout ? De la papetterie, on en trouverait sans beaucoup chercher dans plein d'autres endroits ici, à commencer par le tiroir N° 4, mais nous n'en sommes pas encore là.
Il me reste à te remercier de m'avoir accompagné dans cette longue traversée du tiroir N°3.
ntouchables, hier soir, au cinéma Le Rex, rue Nationale. Si vous viennent, à la seule lecture du nom de cette salle, des images de déco arrondies, de peinture jaune pisseux, de petit personnel déchirant vos tickets, de grande salles aux ondulations de sièges mous et défoncés, ne changez pas de chaîne, vous êtes bien dans un cinéma de province ayant survécu quasi inchangé depuis les années soixante, accueillant pour la séance à prix réduit du mercredi 21h, les dix personnes n'ayant pas encore vu ce film dans le Beaujolais.
Il est parfait, ce film. A bien y réfléchir, sa perfection commence dès le titre. Il n'y a probablement pas de récompenses décernées à une oeuvre cinématographique pour son seul titre, mais ce film là en mériterait une. Intouchables, ça évoque les parias indiens, les « hors caste » les impurs, qu'on ne saurait toucher sans se souiller. Du coup, on voit bien l'allusion à Driss/ Omar Sy, sa relégation, sa banlieue pourrie. Mais Intouchables, ce sont aussi les hommes qui, à force de cumuler les pouvoirs, sont suffisamment au-dessus des lois pour ne plus être concernés par elles. C'est dans ce milieu là qu'évolue Philippe/François Cluzet. Les réunir aussi étroitement dans le titre que dans le film, alors là, bravo ! Intouchable, ça évoque enfin, le toucher, cette perception tactile, puis la sensibilité et enfin la sensualité, tout ça étant très présent dans le film, qu’il s’agisse de la sensibilité artistique envers la peinture, la musique mais également de sexualité, abordée sous un angle humoristique et finalement très pudique s’agissant de celle du personnage tétraplégique, mais également de celle du chaud bouillant jeune sénégalais.
J’ai tout particulièrement aimé que ce film tombe juste, qu’il fabrique de l’émotion, du rire, de la réflexion et bref, du vrai avec les artifices de sa technique, ce qui est le propre de l’oeuvre. Certes, on nous annonce dès le début : « Ce film est inspiré d’une histoire vraie. » Mais à l’arrivée, on a surtout un vrai film, qui ne s’interdit ni la poursuite en voiture, ni le flash-back, ni les très gros plan, ni les sketches, qui sont autant de petits films dans le grand, ni la temporalité interne : l’histoire se déroule-t-elle sur des semaines, des mois, des années ? Elle se déroule surtout de son début à sa fin.
Je ne serais pas étonné qu’Omar Sy reçoive une récompense pour sa performance d’acteur, si ce n’est déjà fait. Il est parfait, totalement crédible dans un personnage qui mélange l’excès et la retenue, sans jamais abandonner ni l’un ni l’autre, le pragmatisme (qu’il revendique) et un sens aigu - quoique très personnel - de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, la fraîcheur et la rouerie, illustrant à merveille que l’humour est la politesse du désespoir.
Un vrai bon moment donc.
Dénonçons avec la dernière énergie deux sources de nos maux :
Il fallait que ce soit dit.
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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