Pas de bol !

 

Rhôôô ! Ben j’ai pas de chance avec les bouquins qui traînent à côté de mon lit en ce moment. Je viens de laisser tomber « Raoni - Mémoires d’un chef indien » - disponible chez Amazone, je sais, je l’ai déjà faite, mais je ne m’en lasse pas - pour tomber sur pire : « Tara Duncan dans le piège de Magister ». Deux livres très différents, mais ayant hélas en commun de ne pas être écrits.

 

Ça m’arrive heureusement assez peu. Je ne maîtrise pas les circuits occultes suivis par les bouquin pour arriver dans mon lit. C’est intentionnel bien sûr. Je pourrais les acheter, m’inscrire dans une bibliothèque : trop facile. Je les laisse venir. Cadeaux, prêts, relectures (on doit en avoir un bon millier ici) : y’en a toujours assez.

 

Le dernier livre à l’issue duquel je me suis dit : « Tiens ? Il n’est pas écrit ce bouquin. » c’était le Da Vinci Code. Hélas, j’ai dû l’acheter celui-là. Tout le monde en parlait, mais du coup, tout le monde l’avait prêté à tout le monde. Je l’ai d’ailleurs après lecture prêté à une collègue, mais quand elle me l’a rendu, j’ai laissé mon exemplaire dans la bibliothèque du bureau où j’espère qu’il s’ennuie à mourir depuis. Je ne sais pas ce que donne le Da Vinci Code dans le texte au départ, il est possible que la traduction l’ait un peu raplaplati, mais à l’arrivée, on a un scénario un peu tiré par les cheveux, pas un livre.

 

 

Digression

 

Non, mais j’imagine bien la tentation, y compris financière, pour un auteur d’écrire avec l’arrière pensée que son oeuvre puisse devenir un film. C’est une tentation à laquelle cède par exemple de façon exaspérante et totalement vaine jusque là, Bernard Werber, dont les appels du pied sur le mode : « Ça ferait une putain de bonne scène pleine de millions, hein ? » sont juste ridicules. Mais on entre alors dans le cycle infernal d’un « livre » qui n’est que le scénar d’un film, ni ne sera lui-même que la bande annonce publicitaire longuette du jeu vidéo annonçant lui-même d’autres produits dérivés : l’adaptation en manga, la série TV et la version simplifiée pour les nuls, sans parler de la mauvaise suite et du remake. Stop ! Rappelons quand même au passage que les systématiques adaptations de S. King à l’écran - on ne devrait pas tarder à voir un film tiré de sa liste de courses - ne l’ont jamais empêché d’écrire, vraiment écrire ses livres. Ça n’a donné qu’un grand film, « La ligne verte » plusieurs bons et des tas de bouses, mais il montre qu’une vraie écriture littéraire - pas forcément géniale, juste honnête - n’empêche pas l’adaptation. Tiens, puisque je suis dans la digression, je m’y vautre : je suis quasi persuadé que S. King a écrit certains de ses livres avec l’idée que JUSTEMENT ils seraient impossible à adapter, et toc ! Ça me semble être le cas de « Jessie » et de « La petite fille qui aimait Tom Gordon ».

 

 

Raoni - Mémoires d’un chef indien

 

Ce livre de J.-P. Dutilleux n’est donc pas écrit non plus, mais je ne jetterai pas la pierre à l’auteur. Au prix actuel des bons gadins qui font mal, je les réserve pour S. Audouin-Mamikonian et sa trop bien nommée Tara. J.-P. Dutilleux explique longuement comment il a procédé pour collecter puis transcrire ses entretiens avec Raoni, qu’il connaît depuis plus de trente ans. Ce matériau verbal, noté à la volé à l’ordinateur pendant un mois, on sent bien que J.-P. Dutilleux a voulu le faire apparaître sous une forme que son lecteur identifierait comme fidèle aux propos originaux. Comme si c’était possible ! (p. 49) Taù tient compagnie au grand chef et nous aide dans les traductions incessantes du kayapo vers le portugais. Ma maîtrise du kayapo est insuffisante pour tout comprendre et Raoni s’exprime uniquement dans sa langue. (p. 50) (le travail) est fort laborieux car il faut souvent s’y reprendre à plusieurs reprises pour comprendre ce que Raoni veut dire.

 

On est donc bien dans un processus d’interprétations emboîtées. Raoni doit tailler court pour se faire comprendre, d’ici à penser qu’il parle en petit nègre au petit blanc y’a pas loin, le pote taille du kayapo en portugais, qui n’est la langue maternelle d’aucun des interlocuteurs et J.-P. Dutilleux taille pour noter à la volée, probablement en français. En tout cas, à l’arrivée, le livre est en français. De quels outils culturels Raoni dispose-t-il pour organiser son récit ? On ne se saura pas. À l’arrivée, on lit quelque chose de très décousu qui vous fera peut-être penser au récit de votre petit neveu au sortir du cinéma :

 

(page 51 - chapitre 1 - Ma petite enfance) Je m'appelle Raoni Metuktire, je suis le dernier grand cacique des Kayapos. Après ma mort, je ne vois pas qui va prendre ma place. Je ne sais pas quelle année ni quel jour je suis né mais c'était à Krajmopyjakare, aujourd'hui le lieu s'appelle Kapôt. Le nom de ma mère est Nhàkanga, celui de mon père, Bepangàti. Mon premier souvenir remonte à ma petite enfance, quand j'ai trois ou quatre ans. Un jour, un guerrier très fort, Tàpiête, arrive à notre campement. C'est un grand chef. Je me souviens qu'il y a beaucoup de monde. Nous partons tous avec lui dans la forêt, ma mère me porte dans ses bras. Nous arrivons à un village appelé Krôdjarnre, pour participer à la Tete de TàkàkPoyre, à laquelle hommes et femmes prennent part. Tàpiête, le grand guerrier, nous annonce alors qu'il va partir avec son groupe attaquer les seringueiros, des ramasseurs de caoutchouc. Le lendemain, tous les hommes sont partis.

Trois jours plus tard, quatre guerriers reviennent. Mon père leur demande: « Pourquoi êtes-vous revenus ? - Tàpiête, notre chef, nous a fait revenir pour appeler les femmes afin qu'elles aillent pêcher avec le sipo* (liane dont le poison paralyse les poissons et facilite ainsi leur prise) dans un rio poissonneux et rapportent les poissons au village. » Les quatre guerriers appellent alors toutes les femmes de maison en maison jusqu'à la mienne. Nous partons pêcher avec ma mère et mon père. À peine arrivés au premier campement, avant l'aube du jour suivant, les quatre guerriers nous quittent pour rejoindre Tàpiête. Nous attendons le lever du soleil pour nous remettre en route jusqu'au lieu de pêche, où il y a un autre camp. Les hommes coupent du sipo dans la forêt, tandis que les femmes ramassent du bois pour le feu et des feuilles de bananas pour cuire le poisson et en mettre sur le sol pour dormir dessus. Mon père, lui, prépare ses flèches.

 

Et ? Et c’est parti pour plus de cent cinquante pages, organisées en gros chronologiquement.

 

On pourra s’étonner que les mémoires annoncées par le titre commencent page 51 et se terminent page 211 soit cent soixante pages sur un livre qui en compte cent de plus, mais c’est la deuxième clé de ce livre non écrit. Les cinquante premières pages visent à donner le contexte et les enjeux de ce qu’on va lire. On a donc l’inévitable citation de Rudyard Kipling (Si tu peux voir détruire l’ouvrage de ta vie... ) puis des cartes, une préface de Jacques Chirac, trente pages d’introduction, deux de préambule. On aura à la fin un épilogue, une postface, des annexes (plaidoyer pour l’Amazonie, Institut Raoni, Lexique) une bibliographie, des remerciements. Car c’est un livre tout chargé de sa thèse et l’auteur ne voudrait rien négliger de nature à l’exposer, qui puisse convaincre son lecteur de sauver l’Amazonie comme il a lui même sauvegardé la mémoire de son dernier grand chef. On est donc bien dans un parti pris de sérieux, de grave, qui tourne le dos à la littérature. Or pour moi, il n’y a rien de plus sérieux, rien de plus grave que d’écrire pour toucher juste. Ce parti pris d’opposer le sérieux et la littérature comme vérité et artifice paraîtra idiot à quiconque ayant lu « Tristes tropiques » de Claude Lévi-Strauss, que l’auteur n’évoque à aucun moment. Les mémoires de Raoni ont été notées par un cinéaste, elles restent à écrire.

 

 

Tara (la tare, en italien)

 

La quatrième de couverture

 

Dans le splendide palais d'Omois, la jeune Tara fulmine. Autour d'elle, la nuée bleue de sa magie tremble de sa rage mal contenue. Car le démoniaque Magister s'est une fois de plus attaqué à elle. Plus exactement, à sa mère, ce qui est pire. Il a tenté de l'enlever, au nez et à la barbe de tous ses gardes, au beau milieu des jardins du palais impérial. Cette fois, Tara en a assez. Elle ne veut plus vivre comme une proie, dans l'attente de la prochaine manœuvre de son ennemi insaisissable.

 

Elle a quinze ans, elle est l'héritière d'un Empire, sa magie est peut-être la plus puissante jamais détenue par un humain, elle est entourée de fidèles amis... Elle va se battre. Débusquer Magister. Le détruire. Alors, au lieu de se couler dans les bras de son petit ami Robin, le demi-elfe aux yeux de cristal, Tara fait appel à ses dons d'espion. Et bien sûr à Cal le talentueux Voleur, à la douce Moineau, mi- princesse mi-bête, à Fabrice le loup-garou, à Fafnir la naine rousse... C'est le début d'une aventure où les guettent trahisons, périls mortels et faux-semblants. Leur amitié et les histoires d'amour déjà nouées entre eux vont être mises à rude épreuve. Sauront-ils échapper aux griffes de ce génie du mal ?

 

 

Tiens ? Le livre de Sophie Audouin-Mamikonian commence lui aussi par une carte, un arbre généalogique et un prologue. Puis il démarre vraiment page 17 et m’a énervé dès la page 19 :

 

 (...) Dressée sur l'immense Galant, son pégase Familier aux ailes d'argent, pour affronter les hordes hurlantes, Tara s'était imprudemment exposée. Grr'ul n'avait pas eu le choix. Elle s'était abattue sur la jeune fille pour la protéger, et Tara qui n'avait pas bouclé sa ceinture de sécurité (indispensable sur un pégase, quand on tombait on tombait de haut) avait ignominieusement vidé des étriers.

Et s'était retrouvée par terre, écrasée par la troll verte.

Enfin, écrasée, pas tout à fait, sinon elle serait tout à fait morte (ce qui aurait tout de même été le comble du ridicule pour la sortcelière la plus puissante de la planète), mais bien aplatie. Heureusement, sa changeline, l'étrange entité qui lui servait de maquilleur/garde-robe/armurier/garde du corps s'était gonflée et avait amorti le choc, avant de se transformer en armure. C' était ce qui l'avait sauvée. La changeline devait avoir une sorte de batterie magique, parce qu'elle fonctionnait normalement. Sauf pour le département obus/missiles/ engins de destruction massive qui ne put lui fournir de quoi se débarrasser des trolls, sa fonction « arme» étant désactivée.

Très logiquement, dès que la magie avait disparu, les tapis volants s'étaient proprement abattus au sol. La moitié de l'escorte impériale avait été assommée ou blessée en quelques secondes. Or, sans magie, impossible d'utiliser les boules de cristal pour appeler au secours. De plus, les gardes impériaux, confiants dans leur magie, n'avaient pas tiré leurs redoutables épées. Sans leur pouvoir de sortceliers, face à des trolls d'une demi-tonne, ils ne faisaient simplement pas le poids. (...)

 

Les notes de bas de page, surabondantes, donnent un bon échantillon de tout ce qui peut agacer dans de produit infra-littéraire.

 

Les notes de bas de page des premier et deuxième chapitres ; pages 17 à 35.

 

(page 18 - « se retrouver sur Madix ou Tadix ») 1. Les deux lunes satellites d'AutreMonde. Pourvues d'une atmosphère et peuplées d'habitants ayant l'habitude d'avaler leur thé/café/chocolatlbreuvagesdiversetvariés sous forme de bulles tant la gravité y est réduite...

 

(page 20 - « une voix gutturale ordonna en parfait amosien. ») 1. En même temps que la magie, le Traductus a disparu. Heureusement, l'amie sortcelière de Tara, Moineau, a inscrit une bonne vingtaine de langues différentes dans l'esprit de Tara, dont l'omoisien, et même lorsque la magie fait défaut, les langages demeurent. Ce qui est assez déconcertant pour Tara, parfois, lorsqu'une demi-douzaine de noms différents lui viennent à l'esprit pour le même objet... Ex.: pain se dit « bouf » en ogre, « blip » en omoisien, « sv'ouli. en elfe, « train» en vilains, « lulull. en gnome, etc. Parfois, commander un simple déjeuner devient un peu compliqué pour Tara...

 

(page 21 - « Le vampyr venait de les abandonner. ») 1. Là, certains petits malins se disent: « Ah, mais la magie a disparu, alors comment le vampyr fait pour se transformer ? » Et la réponse est : « Mais les vampyrs ne dépendent pas de la magie pour se transformer, c'est inscrit dans leurs gènes ! »

 

(Page 21 - « Elle avait déjà donné avec Magister ») 2. Chef des Sangraves. À peu près totalement dingue, Magister est le plus terrible ennemi de Tara et n'hésite pas à utiliser la magie des démons pour tenter de conquérir AutreMonde. Passe-temps comme un autre, qui empoisonne sérieusement la vie de Tara.

 

(Page 22 - « espécisme ») 1. Ce mot n'existe que sur AutreMonde, alors n'allez pas le remettre dans une rédaction ! J'ai eu un mal fou à le traduire de l'omoisien courant. C'est comme le racisme sauf que c'est du racisme entre espèces...

 

(page 24 - « Les trolls ne mangeaient peut-être pas de viande ») 1. Ça les transforme en ogres à longues dents et gros appétit...

 

(Page 28 - « les trolls étaient un peu comme les dryades, ces nymphes grecques des chênes et autres arbres ») 1. D'accord, il y a peu de rapport entre les gros trolls verts et les gracieuses dryades à part que les deux aiment les arbres et en dépendent...

 

(Page 29 - « Grrallloulllgrrrrr ») 1. Ce qui en langage troll signifie: « Que la populace se rassemble céans, nous avons capturé quelques ennemis que nous allons nous faire un plaisir de rôtir délicatement histoire de faire rire les enfants »... Comme quoi le langage troll peut être plein de subtiles nuances.

 

(Page 29 - « Des maisons, une bonne centaine de trolls, trollettes et trollets sortirent, curieux de voir ce que leur grand chef avait trouvé de rigolo » 2. Les trolls ont un grand sens de l'humour, souvent aux dépens de leurs adversaires. Et leurs blagues incluent un tas d'amusements appelés « tête cassée », « jambe brisée », « bras déboîté », etc. Ils trouvent également que les autres races sont vraiment fragiles.

 

 

Sortez moi de ce livre avant que je le flanque à la poubelle !

 

Que S. A.-M. s’adresse aux gamines fraîchement pubères, constituant comme elle semble le croire son lectorat, je n’ai rien contre. Qu’elle le fasse en les singeant m’insupporte. Elle me répondrait sans doute que bah, il s’agit juste de les distraire. Les distraire ? Mais de quoi ? De leurs harassantes études ? Il est vrai qu’avec un niveau cours préparatoire même peu consolidé, on peut lire Tara sans risquer la surchauffe neuronale. Les distraire de leur adolescence ? Certainement pas puisque cette sous-littérature à l’écriture hystérique et démissionnaire leur colle le nez dedans.

 

On pourra me reprocher de n’avoir pas été au delà de la page 35. C’est vrai. Je n’irai donc pas jusqu’à la page 481 ou m’attendait pourtant cette ultime adresse au lecteur : « Oui, je sais, vous me détestez. Quelle idée de terminer sur des suspenses pareils ! Alors la suite dans Tara Duncan : Les Fantômes d’AutreMonde ! » mais le début de la phrase reste néanmoins tout à fait exact : je déteste.

Jimidi

 

   

Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 20:29
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Fleux - trophée vache fuschia - 65€

 

Lettrine--O-Fleux-.jpg

 

 

n pourra reprocher à Fleux beaucoup de choses, mais pas de manquer de culot. C’est d’ailleurs ce qui va les sauver du napalm que je m’apprêtais à leur servir généreusement. Après avoir consulté in extenso leur catalogue en ligne, m’est venue l’idée qu’après tout, en matière de déco, la nuance entre le culot et le prétentieux peut s’avérer assez mince. Je me suis également revu, il n’y a pas si longtemps, coller un adhésif motif osier sur une commode en MDF stratifié et gainer ses poignées de ficelle à poulet devant un papier peint fausses pierres. Comme par ailleurs je viens juste de terminer de gainer partiellement de ficelle de sisal une étagère inox repeinte en noir, je sens l’indulgence reprendre le dessus, sur le mode : si tu n’aime pas, n’en dégoûte pas les autres.

 

Des prétentions, ou des ambitions, selon que vous lirez ce qui suit a moitié vide ou à moitié plein, le paragraphe ci-dessous n’en manque pas. Il est extrait du dossier de presse, accessible sur fleux.com. Attention, je déconseille sa lecture en plein air. Si tout va bien, à la fin, vous ne devriez plus toucher terre, alors prenez vos précautions.

 

 

Fleux, « pop shop »

 

A l’origine du magasin Fleux, on retrouve la volonté du fleuriste Gaétan Aucher, et de l’architecte DPLG Luc Moulin de créer un lieu différent. Un espace dédié à la décoration, qui bouscule les codes du genre. Depuis 2005, l’ambition de ces deux acolytes se matérialise dans une sélection exigeante d’objets sensibles. Une démarche globale où la part belle est donnée à l’affectif. Loin des poncifs du bon goût, la priorité pour les deux fondateurs de Fleux est de faire de l’enseigne une marque à part entière. Un label de qualité de sélection qui synthétise l’esprit d’une avant-garde décomplexée.

 

Chez Fleux, les objets ont une âme. Ludiques, chatoyants, anecdotiques ou sensibles, ils portent les couleurs et l’esprit du temps. La grande transversalité des références proposées, illustre la générosité qui préside aux choix de Fleux. On y retrouve l’expression du meilleur design contemporain, des formes les plus élégantes, mais aussi un goût délibéré pour la simplicité et l’accessibilité.

 

La boutique Fleux n’est pas un endroit d’esthètes élitistes. Il s’agit plutôt d’un carrefour de la création où l’on croise l’inattendu et l’utile, l’essentiel et l’accessoire. Fleux est un espace pour faire plaisir et se faire plaisir, un lieu différent où chaque personne peut trouver dans le large panel de produits présentés l’objet qui lui ressemble. Une enseigne « pop », où l’objet de consommation courante porte la griffe de la création, l’expression d’une exubérance heureuse ou d’une sophistication discrète. Avec une fourchette de prix qui va de 2€50 à 6 800 €, Fleux réussi le pari d’une démocratisation sans compromis de l’avant-garde, et des codes de l’élégance.

 

L’équipe de Fleux est soudée par l’esprit de donner du bonheur par l’objet. L’accueil est à l’image des produits référencés, convivial et chaleureux.

 

 

Fleux - image du site à l'accueil

 

 

Le site lui-même participe de l’incertitude dans laquelle on pourra se trouver lors de sa visite d’être pris ou non pour un con. C’est un site à l’esthétique sobre et classieuse offrant une navigation confortable et fluide. On pourrait être sur le site d’un designer présentant ses oeuvres. Volets horizontaux, menus et affichage déroulant à vitesse variable, clic sur l’objet pour avoir les détails, dont le prix : tout bien. Mais cette présentation parfaite, offrant un écrin à chacun des objets, ne les sauvent pas tous de l’impression que certains n’y ont pas leur place. Les prix également participent de l’incertitude déjà mentionnée. Tout n’est pas cher chez Fleux - je n’ai quand même rien vue à 2,50 € - mais quand ça l’est, c’est pas qu’à moitié. C’est par exemple le cas pour ce panneau décoratif rangé dans les lampes, dont perso, j’ai du mal à décider s’il est plus moche allumé qu’éteint, ou l’inverse. Combien ? 3200€ ? Il est moche.

 

Fleux - panneau LED

  

Le catalogue en ligne évite l’écueil de l’accumulation, sur lequel échoue la boutique si j’en crois les photos : en ligne, chaque objet, même regroupé avec d’autres au sein de catégories aux limites discutables, est relativement indépendant de son voisin. On évite donc les carambolages et c’est fort heureux, la plupart des objets procédant d’esthétiques très différentes. Pour cet article, bien sûr, je vais m’efforcer de ruiner ces précautions, en rassemblant sur une même illustration ce que j’ai glané au fil de ma visite. Vous ne m’en voudrez pas de remettre le couvert, ou plutôt la lampe avec les couverts, pendus : y’avait un modèle à deux étages qui m’avait échappé !

 

Fleux - objets choisis

 Fleux - légende copie

 

Tiens ? J’avais oublié ces trois derniers. Ça aurait été dommage de s’en priver !

 

 

Fleux - ultimes objets choisis

 

Jimidi

Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 20:05
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La mouche et le coche - illustration de Felix Lorioux

 

 

Lettrine (O Curtlz)n continue dans le souvenir court et léger avec ces illustrations de Félix Lorioux (1872 - 1964) extraites d’un petit recueil de fables de La Fontaine parue en 1960, retrouvé parmi plein d’autres livres oubliés dans un, dans un... placard - bravo ! - et triés depuis un par un. Il devait appartenir à mon frère aîné si j’en crois le nom écrit sur la page de garde, mais j’ai dû le regarder pas mal puisque je me souviens quasi dans le détail, de chacune de ses illustrations. Près d’un demi-siècle plus tard, je les trouve toujours extraordinaires.

 Jimidi

 

 

 Le héron - illustration de Felix Lorioux

Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 13:21
- Publié dans : Dessin - BD - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

  Denise Lach 1

  Lettrine--E-Denise-Lach-.jpg

 

t là, au château de Voguë, une citadelle ratant à l’intérieur ce passage du Moyen-âge à la Renaissance qu’annonçait pourtant de façon prometteuse les façades, je tombe en arrêt, patte levée, œil fixe, truffe humide et poil brillant depuis la douche du matin, sur une exposition de calligraphies contemporaines, ou plutôt, au sein d’une expo jusque là sans grande surprise, sur le magnifique travail de Denise LACH puis sur l’idée en forme de « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! (Comment n’y ai-je pas pensé avant, niais que je suis) - selon laquelle la calligraphie est À L’ÉVIDENCE une source à privilégier pour trouver des illustrations pour Scribulations, puisque notre revue est dédiée à l’écriture. Si si, je vous assure, à condition de bien choisir et de ne verser ni dans la néo-calligraphie arabe dont perso j’ai quasi l’indigestion, ni la pure démarche décorative, ça pourrait être très bien. D’ailleurs, c’est cet irréductible attachement au texte et au sens qui m’ont accroché chez Denise LACH, les autres qualités de son travail étant l’originalité et la diversité. Depuis, je cherche ses coordonnées (un peu vainement jusque là, mais j’ai encore deux trois palangrottes qui floutouillent sur le Net). Du coup, je reproduis ici des photos prises sur place, mais sans avoir rien demandé à personne. Si problème : me contacter.

 

(Nota bene du 26 juillet - Terres d'écriture m'a communiqué l'adresse de Denise Lach. Mille mercis !)

 

(Nota bene du 8 août - Denise Lach, de retour d'un stage qu'elle animait, organisé par l'université de Laval (Q), me remercie de mon courrier : Ce n’est pas toujours confortable de renoncer aux...éléments décoratifs.  La prise de risque quant à une démarche épurée et réductrice est bien réelle car elle n’est pas toujours comprise et peu complaisante. Merci de votre regard et de vos paroles. D. L.

 

 Jimidi 25 juillet 2009

 

 

Denise Lach 2

 

 

Denise Lach 3

 

 

Denise Lach 4

 

 

 Denise Lach 5

 

 Denise Lach 6

Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 22:15
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Tiens ? Je n’avais pas encore fait le rapprochement entre ranger mes placards et piller mon ex-carnet pour sauvegarder ce qui mérite de l’être. Pourtant les deux permettent de revivifier des souvenirs. Ainsi, j’ai retrouvé ma première note écrite le 18 novembre 2009 sur mad meg - dessinatrice - au sortir de l’éblouissement dont j’avais été victime en découvrant son carnet « Varia & curiosa ». D’ailleurs, je me demande si je n’avais pas dû me passer la figure à la Biafine, après...

 

 

Les mystères meg mad meg 1

 

mad meg 2’habitude, quand je suis abasourdi par un blog, ça se tasse. Parce qu’une fois la première surprise passée, je m’imprègne de la démarche, du travail de l’artiste, de l’auteur, et mon admiration se fait plus continue. Puis je reviens souvent, suivre le même sillon, relever les mêmes pistes et c’est un réel bonheur pour moi de voir se dévoiler un univers dont je capte petit à petit la cohérence, la profondeur. Sauf que mad meg me bluffe à chaque fois, avec des trucs différents. Jusqu’à mad meg, j’aurais juré qu’excellence et éclectisme suivaient des parallèles peu susceptibles de se rejoindre. À l’horizon peut-être… C’est le premier mystère mad meg : qu’est ce qui peut bien lier entre eux ses centres d’intérêt ? Son carrnet « Varia & curiosa » fourmille de trucs et de machins tous passionnants, dont on pourrait penser à bon droit qu’ils n’ont rien à voir les uns avec les autres, seule la curiosité de Meg les ayant rassemblé là mais pourtant, ils composent un système planétaire dont on sent confusément qu’une étoile centrale les tient dans leur orbite.

 

D’habitude les blogs d’artiste, tout particulièrement quand ils ont du talent, tendent à se concentrer au fil du temps, à se spécialiser, selon une exigence d’autant plus compréhensible pour moi que j’ai dû y souscrire : on est rarement assez talentueux pour être bon dans plusieurs domaines d’expression artistique, ou plusieurs styles dans un même domaine d’expression. Je me souviens très bien avoir renoncé délibérément à la musique et à l’art plastique au profit de l’écriture. Rangez vos mouchoirs, j’avais encore moins de talent dans ces deux autres domaines. Or le carnet de mad meg affirme dans sa diversité qu’elle pourrait suivre, pour s’exprimer, des voies très différentes, qu’elle explore, et dans lesquelles on voit à l’évidence qu’elle pourrait y réussir, puisqu’elle y réussit déjà magnifiquement. C’est le deuxième mystère mad meg : comment peut-on avoir autant de talents ?

 

D’habitude, après une phase d’imitation ou de tâtonnement bien compréhensible – il faut bien faire ses classes – le style de l’artiste s’affirme jusqu’à vouloir ne ressembler à personne d’autre. À se stade là, lui dire quelque chose comme « Tiens ? Ce que tu fais me fait penser à… » vous expose au meurtre. Plus tard, bien plus tard, quand le style de notre artiste est assez affirmé pour ne plus souffrir de la comparaison, il ne craint plus de citer ses sources d’inspiration, de s’en amuser. Or mad meg, elle, commence par là. C’est son troisième mystère : comment avoir autant de culot ? Comment peut elle aussi tranquillement recycler dans ses propres productions des œuvres, littéraires ou picturales, qu’on classerait volontiers au patrimoine mondial de l’humanité et les interpréter de manière à ce qu’on ne s’étonne même pas de les trouver sous sa plume ? Tu dis ? Justement parce qu’elles figurent au patrimoine de l’humanité ? C’est pas con. Reste que ce cheval aux yeux vides, ce singe, cette silhouette féminine allongée, je SAIS qu’ils viennent d’un tableau, que j’ai déjà vu, que je ne retrouve pas. J’ai feuilleté toute mon encyclopédie de l’art du XXe siècle en vain, appâté Google avec plein de nom de peintres… Pas encore trouvé. Pouvez pas imaginer à quel point ça m’énerve.

 

D’habitude, quand je repère un dessin susceptibles d’être publié dans Scribulations, je sollicite l’auteur et il me répond avec enthousiasme que oui bien sûr, il ou elle en serait honoré-e. C’est également ce que m’a répondu mad meg et pour être le moins singulier, ce dernier mystère n’est pourtant pas le moindre : comment peut-on être si généreux ?

 

 

mad meg 3

 

 

Depuis, on a eu la réponse, pour le tableau. Il s’agit du « Cauchemar » peint en 1741 à l’huile sur toile par Johan Heinrich FÜSSLI (1741 - 1825). On également eu la confirmation de la générosité de mad meg puisque après avoir effectué une première sélection d’allez hop, vingt-cinq dessins sur son carnet, elle m’en a transmis les fichiers. Au moins dix d’entre eux se retrouvent finalement dans l’édition finale de Scribulations 01/10, parmi lesquels cette blatte littéraire dont je ne me lasse pas. Vous aurez donc compris que le carnet de mad med est une bonne adresse où vous rendre, même si la navigation y est très laborieuse. Tiens, vous pourriez commencer par les « Contes de faits ».

 

Jimidi

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Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 22:00
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Écriture – Il faut croire que les récents articles de fond ont eu le mérite de me vider la tête. Je me sens tout à fait crétin depuis. À moins que ce soit la reprise... Tu dis ? À moins que je l'ai toujours été ? Va mourir.

 

Chats – Vont bien, eux.

 

Plantes – Vont bien, elles. Même les cycas, qu'on avait eu gratos parce qu'ils étaient malades : ça reprend grâce aux soins attentifs de ma chère et tendre. On a une rose, l'Hibiscus est en pleine bourre, même la Dieffenbachia fleurit (un spath) c'est vous dire ! En revanche, si quelqu'un vous dit qu'il suffit de planter des feuilles de Crassula pour qu'elles s'enracinent et prospèrent, vous pouvez lui rire au nez de ma part.

 

Dépression – Elle va bien, merci. Fasse le ciel que je n'attrape jamais cette saloperie. Quand je vois dans quelle état ça met ma brune !

 

Travaux – Comme prévu le tsunami de rangement a atteint mon bureau, celui ou je gagne ma vie. Maintenant, il est nickel. On se tâte pour le séjour, ce n'est pas un chantier énorme, mais les questions de choix de déco sont plus sensibles là qu'ailleurs, puisqu'on y passe notre vie et qu'on ne peut pas virer tout pour repartir à zéro, y'a quand même au moins deux canapés qui vont rester.

 

Boulot – Repris depuis lundi. Je revois les collègues avec plaisir et la chef n'étant pas là, les souris dansent, mais jusqu'à 16h30 seulement. La carrière, c'est comme la grossesse, à la fin, c'est interminable. Prendre mes congés du 15 juillet au 15 août reste un bon plan. S'en souvenir pour l'année prochaine.

 

Programme – Sans doute un article sur Fleux (objets de déco) puisque je l'ai annoncé. Des reprises de l'ancien carnet. Pas d'autre idée pour le moment.

 

Nouveautés – Personne ne l'a sans doute vu, mais cet ici-carnet dispose maintenant d'un index général, accessible dans la rubrique « À lire à la deuxième visite » dans le menu de droite, là --->. L'intérêt est d'y présenter les articles et les pages avec un bref résumé de leur contenu.

 

 

Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 10:23
- Publié dans : Vrac - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

 

Horloge boite de conserve et fouet

Lettrine--S-Brodway-inox-.jpg

 

 

urprise ! L'objet propulsé aujourd'hui sous la lumière blafarde de ce carnet ne vient pas d'un de mes fournisseur habituels. Contrairement aux apparences, cette pendule, ne doit donc rien à Gifi, ni à l'Objet du mois, ni à Vitrine magique, ni à Netkulture. Je suis tombé dessus – vaut mieux ça que l'inverse – en feuilletant le catalogue Helline dont j'ignorais totalement l'existence et que nous en fussions destinataire. Renseignements pris auprès de ma responsable achats : ma brune non plus. Peut-être l'info selon laquelle je suis en passe de devenir LE critique de catalogues de VPC (les autres sont morts d'ennui) a-t-elle fini par filtrer ? Peut-être les fournisseurs cités ci-dessus ont-ils refilé mon adresse à d'autres, dans l'espoir de se débarrasser de moi ? Raté. J'ai chacune de vos pages à l'oeil.

 

L'autre surprise a été de constater la présence de la chose dans ce catalogue plutôt chic et cher mais montrant curieusement un mauvais goût prononcé en matière de pendules et d'horloges. Celle-là est atroce mais un chouia marante ; les autres juste atroces. Tiens, on retrouve également quelques pages avant cette autre horreurloge de cuisine dont j'avais tenté l'accouplement avec le lustre assorti dans une précédente chronique, le tout trouvé chez « Fleux » parmi d'autres monstruosités prétentieuses sur lesquelles il faudra bien te pencher un jour, que je te pousse et qu'on soit débarrassé. 

pendule couverts

Du coup, je me suis permis de photoshoper quelques suggestions, en suivant la même ligne d'inspiration, pour la cuisine mais également pour les toilettes. Tu dis ? S'il y a bien un endroit dans lequel on n'a pas besoin de l'heure, c'est les WC ? Détrompe toi. Dans ceux d'ici, il faudrait même un réveil ou un dispositif qui électrifie l'abattant de la cuvette au bout de trois quarts d'heure d'occupation par le même occupant, ou un parcmètre... Ou alors tiens, puisque Ysengrimus nous pousse à la prédiction, des WC persos pour chacun des occupants de l'appart, dont un avec siège baquet, accoudoirs, appuie-tête, tablette repose ordi (ou console), connexion Wifi, cafetière et porte gobelet.

 

Jimidi

 

 Horloge sac poubelleHorloge gant de toilette copie

 

 

horloge PQ et balayette de chiotte copie

 

L'horreurloge, dans le contexte de sa page :

 

L-horreurloge-dans-le-contexte-de-sa-page.jpg

 

Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 17:52
- Publié dans : Littérature jetable - Objets du quotidien - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

 

 Viola-m-aide-en-tirant-les-ficelles-a-travers-les-trous-du.jpg

 

 

 

 

Mardi 17 août 2010 2 17 /08 /Août /2010 19:22
- Publié dans : À la maison - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

 

 

Boule-de-cristal-M.-C.-Esher.jpg

 

 

Lettrine--T-textile-.jpg

 

 iens, puisqu'on en est à visiter le jardin des voisins... Retournant hier sur le carnet d'Ysengrimus pour y copier le lien vers sa typologie des carnets électroniques, j'ai eu l'heureuse surprise d'y découvrir son article « Le lourd passé de nos futurologie » et de voir confirmé tout le bien que je pense de son auteur. Voilà un autre voisin hautement recommandable qui ne prend pas ses lecteurs pour des cons. Je ne vais pour autant pas lire quotidiennement Ysengrimus. C'est d'autant plus inutile qu'il s'en tient à deux publications mensuelles mais avec une régularité d'horloge atomique, le premier et le quinze du mois. Je ne sais plus à quelle occasion je l'avais découvert. Était-ce justement par cet essai de typologie ? Ou tombant des nues à la lecture du sidérant « Le canular de la conquête de la lune"? mais quelque soit le sujet abordé, l'angle, le style, l'engagement, le bagage et la langue d'Ysengrimus en font souvent un très bon moment de lecture, même s'il me faut bien l'avouer : je ne lis pas tout. J'ai en particulier sauté récemment à pieds joints au-dessus du très précis et très documenté « La partie de baseball du film TWILIGHT (glose et description détaillée, pour les «nuls»)"Le sport ne m'intéresse pas et si je devais ABSOLUMENT m'y pencher, le baseball viendrait encore après le curling. Comme en plus je n'ai pas vu le film...

 

Mais pour revenir à ce « Lourd passé de nos futurologie », Ysengrimus a fait l'effort pour l'écrire d'exhumer de sa mémoire certaines promesses (ou menaces) non tenues, annoncées hier pour nos lendemains : les microfiches, la cuisine au micro-onde, le coloriage des vieux films, l'impact éthique du lave-vaisselle, l'effet mental des calculettes, l'impact idéologique des jeux vidéo, le déclin du mariage, le Concorde, la quadraphonie (sic), le disque musical compact, l'ordinateur personnel supplantant de terminal, l'universalisation du système métrique. De cette liste de bides, Ysengrimus tire de bien intéressantes réflexions sur ce qui plombe (inévitablement ?) nos visions de l'avenir puisque selon lui, nos boules de cristal ne nous renvoient qu’une image déformée du présent : (…) finalement, le ratage de nos prédictions explicites, à quoi tiens-t-il ? Fondamentalement, à une outrecuidante hypertrophie triomphaliste de la jubilation de l’existence présente. Le fait que l’innovation assouvit ou rafraîchit une génération n’assure pas sa pérennité pour les générations suivantes, si elles ne souffraient pas, elles, du manque. Grossir n’est pas grandir. Projeter linéairement et mécaniquement n’est pas anticiper. Une option dépassée peut toujours refaire surface sous une autre forme, plus complexe, plus fondamentale. Perspective n’est pas prospective. Simplettes et ahuries, nos boules de cristal sont déformantes, amplifiantes et inversantes. Elles restent fondamentalement des miroirs déformants plus que des télescopes informants. Notons aussi que la majorité des futurologies décrites ici concernent des objets dont la mise en place ethnoculturelle fut hautement dépendante de leur mise en marché commerciale. Vendre n’est pas prédire, mais feindre de prédire. Mise en marché, publicité, marketing, déformation, distorsion, amplification, diffraction, jubilation (réelle ou factice), optimisme excessif, triomphalismes et intimidations propagandistes, tout cela prend son pli sur le même support pratique et idéologique. (…) Y.

 

Jimidi

 

 

 

Mardi 17 août 2010 2 17 /08 /Août /2010 15:05
- Publié dans : Blogs voisins - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

 Lettrine--J-cordage-.jpg

 

 

e vous rassure (s’il en était besoin), je ne compte pas me lancer dans une thèse de troisième cycle sur le sujet annoncé par mon titre, d’autant qu’en ce moment, mon vélo est inaccessible. Je ne compte pas non plus dresser une typologie, un énième classement des carnet électroniques dont il faut croire qu’il est impossible - en tout cas par thème - puisque nos hébergeurs n’y arrivent pas : après avoir par exemple proposé vingt-six catégories pour son annuaire, Overblog ajoute la vingt-septième, inévitable, celle des « divers ». C’est également dans cette catégorie «divers » qu’on retrouvera chez Wikio une bonne partie des blogs référencé par lui, qui en propose pourtant plus de trente différentes. La plupart des pages d’accueil de nos hébergeur tente donc des alternatives pour s’y retrouver, comme les nuages des mots-clés utilisés par les auteurs pour référencer leurs articles. Mais le mot-clé « non classé » est un des plus « employé » si on ose dire, dans le nuage de Wordpress... Haut&fort ajoute la géolocalisation , qui devrait vous permettre de trouver non loin de chez vous des blogs voisins. On ne voit pas bien l’intérêt.

 

Cette difficulté de classement thématique est assez compréhensible, du moins pour un rédacteur qui, comme moi, saute du coq à l’âne à chaque article, voire au sein des mêmes articles. J’ai fini par cocher la rubrique « humour » pour y ranger cet ici-carnet, mais ce choix n’est pas exempt d’ironie vu le ton prétentieux et sinistre de certains textes. Tu dis ? Comme celui-ci par exemple ? Va jouer dans le mixer. Ysemgrimus, dans son très discuté billet « Typologie des carnets (blogues) électroniques » parait indiquer l’issue d’une classification qui tiendrait compte de l’usage qu’en font leurs rédacteurs, mais reste au seuil.

 

C’est pourtant bien autour des questions liées à nos pratiques que s’organise ma réflexion, dont le déclic aura été de recevoir dimanche 15 août vers midi, dans ma boîte aux lettres électronique, adressée par Philipe Didion, la Notules dominicales de culture domestique n°457, dont la seule particularité pourtant, par rapport aux autres, était de parvenir aux abonnés trois semaines après la précédente, du 25 juillet, marquant ainsi la fin d’une pause estivale qui n’avait que trop duré. Je terminerai cet article sur un extrait particulièrement savoureux de cette notule.

 

Pour Philippe Didion au moins, la question de son blog est vite réglée : il lui sert de cave. Ses notules sont classées là par ordre chronologique, c’est un garçon méthodique, mais l’austérité du lieu montre assez au visiteur qu’en cette gare, il a raté le train. Car la meilleure façon de voyager en compagnie de sa notule hebdomadaire, c’est de s’abonner. Nous avons bien là une « newsletter », diffusée auprès d’une grossissante deux cent cinquantaine de destinataires consentants dans laquelle je connais au moins un mordu : moi, mais où l’on doit trouver tout un éventail, comprenant l’internaute décédé ne relevant plus sa boîte, celui ne sachant plus comment se désabonner, celui, un peu fainéant, parcourant la notule d’un oeil, le droit, puis du gauche la suivante, les membres du cercle professionnel et familial de l’auteur, dont maman, qui eux n’ont guère le choix, les lecturophages boulimiques qui, abonnés à tout, lisent tout et passent commande à leur retour en août des journaux quotidiens qu’ils ont raté au camping en juillet, des notulophiles que cette lecture régulière ravit, parmi d’autres, des notulopathes aux extrémités tremblantes à l’idée qu’un jour tout ça puisse s’arrêter et le mordu déjà cité.

 

Mais puisqu’on en était aux pratiques - avant que je dérape - deux d’entre elles me paraissent à souligner dans les notules : les qualités de l’écriture et le choix d’un mode de diffusion qui peut apparaître comme contradictoire vis à vis du contenu.

 

C’est peu dire que les notules touchent, mais comme malgré le très grand soin pris par Philippe Didion de n’en rien faire en écrivant. On semble être dans le constat, le relevé, ce que certains critiques appellent l’écriture clinique. Mais en s’effaçant, comme nous l’avions noté par exemple dans l’écriture de reportage de Florence Aubenas, la place est ainsi faite au lecteur. Quel lecteur ? Un lecteur dont les sujets et l’écriture de Philippe Didion requièrent le meilleur : son intelligence, sa curiosité, son empathie, son humour, sa culture. J’aime énormément ce pari lancé sur des lecteurs « entiers ». On comprendra dès lors que ce n’est peut-être pas un hasard si la qualité du lien voulu, puis tendu entre un auteur et son lecteur, m’est apparue comme déterminante dans nos pratiques du Web à la suite de la lecture d’une notule. On comprendra également - j’espère - que la qualité de ce lien n’est pas déterminée par le contenu.

 

C’est peu dire que le contenu des notules on s’en fout. À la suite de quelle soirée trop arrosée Philippe Didion s’est-il trouvé engagé dans la recension de TOUS les monuments aux morts des Vosges, qu’il visite par ordre alphabétique de commune - on en était le 11 novembre 2008 à Chavelot - et sur lesquels il relève les noms ? Je n’en sais rien, j’ai raté le début. On pourrait penser lire là de l’info dont on s’était très bien passé et dont on n’a pas grand-chose à tirer ; pour rester poli. On aurait tort. Il y a là une quête, qui pour n’être pas celle du graal n’en est pas moins très emblématique de notre condition de mortel qui passons notre vie à chercher. Il n’est pas indifférent non plus que cette quête trouve des monument aux morts : il parait que la conscience de notre fin nous distingue des animaux. Ne le dites pas à Mélanie (de Tours), elle n’est pas au courant. * Perso, contre toute attente, je trouve extrêmement touchant que quelqu’un prenne la peine d’un tel travail, l’accomplisse avec précision et sérieux puis m’en fasse part.  

 

Si l’on s’en tenait au contenu, cette collection de monuments au morts (mais d’autres rubriques des notules également) appellerait un support de diffusion plus permanent qu’une lettre hebdomadaire volatile. On vise là une somme, un inventaire complet. Nous ne doutons d’ailleurs pas que l’auteur s’en charge, mais puisque la personne du lecteur parait déterminante dans l’écriture des notules, on ne s’étonnera pas qu’il ait été préféré s’adresser à lui directement plutôt que d’attendre statufié sur un blog qu’il y passe. Cette livraison à domicile a son côté pratique, mais à l’usage, je peux témoigner que dans la régularité même se crée une sorte de jubilation, de contentement, qui rejoint celle du poulet grillé ici le même jour. Il y a aussi de la discrétion à glisser ainsi une notule parmi les e-mail du jour et finalement, tout bien mis bout à bout, apparaît un immense respect du destinataire.

 

Ce souci du lecteur, même considéré sous le seul angle du respect, prend des formes assez différentes selon les formes choisies par les auteurs pour diffuser leur contenu sur la toile. Certains blogs semblent s’en soucier comme d’une guigne, mais parfois pour de bonnes raisons. C’est par exemple le cas me semble-t-il des blogs « boite à chaussures », comme ceux des dessinateurs et peut-être plus généralement des blogs relevant d’une expression artistique ; poésie et littérature comprises. Pour ceux-ci, on voit bien l’intérêt de stocker au jour le jour des travaux, des trouvailles - ne serait-ce que pour les savoir là - mais comme le « lecteur » y devient plutôt spectateur, ou simple visiteur, à part applaudir ou la fermer... Plus embarrassants est le blog journal en ce qu’il apparaît plus ou moins intime. Mais si l’on veut bien ne pas considérer seulement le droit inaliénable de chacun d’exposer à la vue de tous ce qui ne le regarde pas et prendre en compte à quoi exactement il est fait appel chez celui qui lit, on trouvera ce qu’il faut de complaisance, de masochisme, d’orgueil et somme toute d’égoïsme, parmi quelques appels au secours. Le lecteur fera le tri, rectifia-t-il dans un sursaut alors qu’il avait écrit « tir ».

 

J’aime assez les blogs de voyage. Examinés à cette même aune des liens entre auteurs et lecteurs, ils perdent ce côté agaçant de te savoir aux Seychelles quand je n’aurai jamais les moyens d’y tremper les pieds. S’ils ne s’adressaient qu’à la famille et aux amis, s’ils ne s’agissait que de leur envoyer des cartes postales un peu sophistiquées et d’éviter la redoutable soirée diapo, devenue encore pire depuis qu’il s’agit de masser dix personnes devant un ordi, ou un iphone à la pause café, les auteurs ne sacrifieraient pas aux efforts que suppose le partage. Or sur les blogs de voyage, on vous prend par la main, on vous accompagne, on met un point d’honneur à vous rendre les bruits, les odeurs, les aléas, les jacta est, comme s’il était bien entendu que vous faites un peu parti de la famille, puisque vous êtes là, peut-être pas celle liée par les liens du sang, mais peut-être juste la famille des voyageurs, ou de celle de l’humanité.

 

Une modalité de respect du lecteur assez singulière, mais assez généralement pratiquée (par d’autres) consiste à ne pas mélanger les genres. Certains ouvrent un blog « sérieux », à côté d’un carnet plus léger, un blog thématique à coté d’un autre plus fourre-tout, comme s’il s’agissait de ne pas gaspiller chez le lecteur un temps de consultation qu’on imagine précieux. Bien sûr, cette organisation parle également de la personnalité des auteurs eux-mêmes. C’est bien pour ça que je n’y sacrifie pas. Ma frénésie estivale de rangement n’y changera rien : bordélique je suis, touche à tout je resterai.

 

On ne s’appesantira pas trop sur le cas particulier de Lise CC et ce n’est pas de son aptitude à ouvrir un blog comme d’autres changent de chemise dont il va être question, mais plutôt de l’exemple qu’elle offre en ce moment d’un contenu lisse et anodin d’apparence, cachant un vrai foutage de gueule. En endossant le pseudonyme de Mary Longwood pour alimenter l’un de ses propres blogs de contributions paraissant venues d’ailleurs et poussant ce qu’elle appelle une plaisanterie jusqu’à s’adresser des commentaires maladroits, sans informer ni ses lecteurs ni ses contributeurs de la supercherie, elle démontre une nouvelle fois qu’elle prend les gens pour des cons.

 

Reste l’immense nébuleuse des blogs thématiques, ceux qui précisément entrent sans chausse-pied dans les catégories des annuaires de nos hébergeurs. Chez eux, l’auteur me parait entretenir avec ses lecteurs des relations civiles : celles d’entre collègues, d’entre bénévoles et adhérents de la même association, d’entre prof et élèves. Ici, ce qui nous rassemble est convenu. Ces blogs me paraissent marqués du sceau du devoir, sans l’aspect corvée, avec juste ce qu’il faut de plaisir. Même pour la pâte à sel dis-tu ? Oui. La pâte à sel m’a toujours parue pétrie du devoir d’apparaître comme une bonne maman, une bonne instit, une bonne grand-mère...

 

Enfin, il faudrait retourner la médaille et regarder du côté des lecteurs ce qu’ils investissent d’eux, et comment, dans le lien avec les blogs qu’ils visitent. À commencer par leur mode de consultation. Je lance ça comme hypothèse, mais je suis près à parier que notre rapport à un contenu n’a rien à voir selon que nous l’avons trouvé par hasard sur Google ou dans la liste des liens favoris d’un blog que nous aimons déjà. Mais se sera pour une prochaine fois. Comme promis, je termine par cet extrait de la Notule dominicale de culture domestique de Philippe Didion datée du 15 août :

 

VENDREDI.

                 Vacances (fin). Je rentre de la pêche, ça a mordu, merci. À part ça ? Pas grand-chose, je dois dire. Il n'y a pas eu cette année de grand périple littéraire à la recherche de Michon ou de Bergounioux, même si l'on a retrouvé des traces fraîches de ce dernier dans une librairie d'Ussel. Il y a eu toutefois la Journée du livre à Felletin, quatre-vingts auteurs invités, quatre-vingts auteurs présents, j'étais heureux, j'en connaissais un, Raymond Poulidor, je l'ai pris en photo. Il y a eu l'écoute de la série Churchill et de la saga Sagan sur France Culture, ce que peut faire la radio quand elle se donne les moyens de travailler sur la durée. Il y a eu une invasion de vaches et une invasion de souris mais pas en même temps. Il aurait pu y avoir une énorme carpe mais j'étais monté trop fin. Il y a eu une partie de Cluedo, une seule, comme quoi le temps n'a pas été trop mauvais, d'ailleurs il n'y a même pas eu de puzzle entrepris. Il y a eu des baignades dans à peu près toutes les eaux du canton, il y a eu pour moi des séances de natation d'au moins cinquante mètres qui m'ont laissé pantelant sur le rivage. Il y a eu la pensée que ce séjour était peut-être notre dernier en ce lieu mais rien n'est moins sûr. Il y a eu des monuments aux morts, des salons de coiffure, des publicités peintes, des cafés fermés, donc il y a eu des photos mais pas trop, vacances obligent. Il a eu d'autre choses, pas trop non plus d'ailleurs, mais ça ne tiendrait pas sur une carte postale alors je préfère arrêter là. Philippe Didion. 

 

Jimidi

 

* je me demande s’il y a un monument au mors dans l’une ou l’autre des citées traditionnellement branchées cheval ?

 

Exhumé de mon ex carnet, ce bout de note essayant une approche voisine :

 

C’est marrant le rythme de publication des uns et des autres. C’est très perso. Il faudrait suggérer à Ysengrimus une typologie des carnets électroniques basée exclusivement là-dessus. On trouverait les constipées qui retiennent longtemps et lâchent tout en un minimum de temps. On trouverait des spasmodiques, beaucoup un jour ou une semaine, rien après. On trouverait les velléitaires qui se souviennent de très loin en très loin qu’ils ont ouvert un blog mais passent l’essentiel de leur vie internautique sur Facebook ou Twiter. Il y a les naufragés dont on a le sentiment que leur blog les maintient à la surface mais qui peuvent couler pendant des temps plus ou moins longs, que seul rythment leurs états d’âme. Il y a les petits soldats qui (là comme ailleurs ?) se fixent une astreinte, un rythme de publication, quotidien, ou par exemple bihebdomadaire et parmi ceux-là, il y a ceux qui s’y tiennent, ceux qui voudraient s’y tenir, ceux qui culpabilisent de ne pouvoir s’y tenir et finalement ceux qui se souviennent opportunément qu’après tout, ils font ce qu’ils veulent, merde ! Puis il y a enfin ceux dont la publication n’est ni particulièrement pléthorique, ni rare, mais ni spécialement régulière non plus et dont on a le sentiment qu’elle compose à égalité avec d’autres centres d’intérêt. Ces éditorialistes là ont bizarrement une vie en dehors des blogues, qui semble leur apporter d’incompréhensibles satisfactions. Il y a ceux qui, se sentant tenus par certains devoirs envers leur lectorat, préviennent en cas d’interruption inopinée ou prévue : « Je reviendrais après ma scarlatine/mes vacances/mon décès… ». On a même vu, mais je ne sais plus où, c’est vous dire si c’est loin, un blogueur annoncer la date de sa prochaine note. Mais la plupart du temps, les rédacteurs de blogs exercent leur art dans ce splendide isolement dont ils voudraient pourtant que leurs lecteurs les sortent mais ne se sentent aucun devoir d’aucune façon, ni envers eux, ni envers rien.

 

Perso, lâche et veule comme vous me connaissez, j’évite les problèmes en publiant au moins une note tous les jours et plus si affinité. Mais pourquoi se cacher la triste réalité : publier, j’aime ça et si je pouvais, je ne ferais que ça de mes journées. Je ne crois quand même jamais être allé au-delà de sept notes par jour.

 

Tiens ? Ça fait combien aujourd’hui ?

 

Jimidi 3 novembre 2009

 

Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /Août /2010 23:21
- Publié dans : Réflexions générales sur les blogs - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

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