Christian Seguie - Reflets 2B- Opoul Périllos - mars 2011 

 

Finalement, la première étape est assez simple. Je ne sais pas comment ça se fait, mais on nous donnerait une caisse de boulons sortie de l’usine en nous demandant de choisir parmi tous, celui qu’on préfère : on trouverait. C’est d’autant plus simple avec les soixante treize photos de Christian Séguié prises à la fête du Romarin d’Opoul-Périllos : regarder, se laisser atteindre et voir ce qui sort du lot.

 

C’est après que ça se corse : pourquoi ces deux là ? Mais pour une fois, ça me parait assez simple à expliquer. Je mets en ligne la photo des vignes pour commencer - c’est la plus belle - mais la deuxième me parait plus intéressante, bien que moins directement accrocheuse.

 

Dans cette photo de vigne les pieds dans l’eau, c’est bien sûr le côté rizière qui surprend. Les vignes, on imagine ça pousser plutôt en terrain sec. Pas là. Ça pourrait n’être qu’anecdotique, témoigner d’un accident météorologique, mais il y a bien plus. L’eau fait ressortir tout particulièrement les silhouettes des ceps, sculpturales et surtout, surtout, leur reflet dans l’eau et là, ces mouvements oranges dans les vaguelettes, métalliques et roses, c’est tellement animé qu’on entend presque du jazz.

 

La deuxième photo se présente insidieusement comme assez classique au premier regard - un paysage se reflète dans une étendue d’eau - et sa composition moitié-moitié participe de son apparente banalité. Mais à bien y regarder, deux éléments font basculer l’ensemble du cliché dans l’étrange. Ce qu’on avait d’abord pris pour le reflet des arbres du second plan n’est pas du tout le reflet des arbres du second plan. Et pourtant si, mais c’est un reflet qui ne correspond pas à l’original. Un reflet beaucoup plus torturé. C’est Docteur Jekyll découvrant Mister Hyde dans le miroir. L’autre élément, au moins aussi surprenant, mais pas franchement plus rassurant, c’est ce nuage épousant quasi parfaitement la forme de l’arbre découpant son ombre chinoise sur lui. Même idée de dédoublement ; autre traitement. De cet arbre ne reste sur Terre que son côté obscure. Son côté lumineux, lui, est en train sous nos yeux de prendre le large pour rejoindre le ciel.  

 

Christian Seguie - Reflets 1b- Opoul Périllos - mars 2011 

 

 

Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 00:34
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