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n pourra reprocher à Fleux beaucoup de choses, mais pas de manquer de culot. C’est d’ailleurs ce qui va les sauver du napalm que je m’apprêtais à leur servir généreusement. Après avoir consulté in extenso leur catalogue en ligne, m’est venue l’idée qu’après tout, en matière de déco, la nuance entre le culot et le prétentieux peut s’avérer assez mince. Je me suis également revu, il n’y a pas si longtemps, coller un adhésif motif osier sur une commode en MDF stratifié et gainer ses poignées de ficelle à poulet devant un papier peint fausses pierres. Comme par ailleurs je viens juste de terminer de gainer partiellement de ficelle de sisal une étagère inox repeinte en noir, je sens l’indulgence reprendre le dessus, sur le mode : si tu n’aime pas, n’en dégoûte pas les autres.
Des prétentions, ou des ambitions, selon que vous lirez ce qui suit a moitié vide ou à moitié plein, le paragraphe ci-dessous n’en manque pas. Il est extrait du dossier de presse, accessible sur fleux.com. Attention, je déconseille sa lecture en plein air. Si tout va bien, à la fin, vous ne devriez plus toucher terre, alors prenez vos précautions.
Fleux, « pop shop »
A l’origine du magasin Fleux, on retrouve la volonté du fleuriste Gaétan Aucher, et de l’architecte DPLG Luc Moulin de créer un lieu différent. Un espace dédié à la décoration, qui bouscule les codes du genre. Depuis 2005, l’ambition de ces deux acolytes se matérialise dans une sélection exigeante d’objets sensibles. Une démarche globale où la part belle est donnée à l’affectif. Loin des poncifs du bon goût, la priorité pour les deux fondateurs de Fleux est de faire de l’enseigne une marque à part entière. Un label de qualité de sélection qui synthétise l’esprit d’une avant-garde décomplexée.
Chez Fleux, les objets ont une âme. Ludiques, chatoyants, anecdotiques ou sensibles, ils portent les couleurs et l’esprit du temps. La grande transversalité des références proposées, illustre la générosité qui préside aux choix de Fleux. On y retrouve l’expression du meilleur design contemporain, des formes les plus élégantes, mais aussi un goût délibéré pour la simplicité et l’accessibilité.
La boutique Fleux n’est pas un endroit d’esthètes élitistes. Il s’agit plutôt d’un carrefour de la création où l’on croise l’inattendu et l’utile, l’essentiel et l’accessoire. Fleux est un espace pour faire plaisir et se faire plaisir, un lieu différent où chaque personne peut trouver dans le large panel de produits présentés l’objet qui lui ressemble. Une enseigne « pop », où l’objet de consommation courante porte la griffe de la création, l’expression d’une exubérance heureuse ou d’une sophistication discrète. Avec une fourchette de prix qui va de 2€50 à 6 800 €, Fleux réussi le pari d’une démocratisation sans compromis de l’avant-garde, et des codes de l’élégance.
L’équipe de Fleux est soudée par l’esprit de donner du bonheur par l’objet. L’accueil est à l’image des produits référencés, convivial et chaleureux.
Le site lui-même participe de l’incertitude dans laquelle on pourra se trouver lors de sa visite d’être pris ou non pour un con. C’est un site à l’esthétique sobre et classieuse offrant une navigation confortable et fluide. On pourrait être sur le site d’un designer présentant ses oeuvres. Volets horizontaux, menus et affichage déroulant à vitesse variable, clic sur l’objet pour avoir les détails, dont le prix : tout bien. Mais cette présentation parfaite, offrant un écrin à chacun des objets, ne les sauvent pas tous de l’impression que certains n’y ont pas leur place. Les prix également participent de l’incertitude déjà mentionnée. Tout n’est pas cher chez Fleux - je n’ai quand même rien vue à 2,50 € - mais quand ça l’est, c’est pas qu’à moitié. C’est par exemple le cas pour ce panneau décoratif rangé dans les lampes, dont perso, j’ai du mal à décider s’il est plus moche allumé qu’éteint, ou l’inverse. Combien ? 3200€ ? Il est moche.
Le catalogue en ligne évite l’écueil de l’accumulation, sur lequel échoue la boutique si j’en crois les photos : en ligne, chaque objet, même regroupé avec d’autres au sein de catégories aux limites discutables, est relativement indépendant de son voisin. On évite donc les carambolages et c’est fort heureux, la plupart des objets procédant d’esthétiques très différentes. Pour cet article, bien sûr, je vais m’efforcer de ruiner ces précautions, en rassemblant sur une même illustration ce que j’ai glané au fil de ma visite. Vous ne m’en voudrez pas de remettre le couvert, ou plutôt la lampe avec les couverts, pendus : y’avait un modèle à deux étages qui m’avait échappé !
Tiens ? J’avais oublié ces trois derniers. Ça aurait été dommage de s’en priver !
Jimidi
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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