Partager l'article ! Intouchables, un vrai bon moment: ntouchables, hier soi ...
ntouchables, hier soir, au cinéma Le Rex, rue Nationale. Si vous viennent, à la seule lecture du nom de cette salle, des images de déco arrondies, de peinture jaune pisseux, de petit personnel déchirant vos tickets, de grande salles aux ondulations de sièges mous et défoncés, ne changez pas de chaîne, vous êtes bien dans un cinéma de province ayant survécu quasi inchangé depuis les années soixante, accueillant pour la séance à prix réduit du mercredi 21h, les dix personnes n'ayant pas encore vu ce film dans le Beaujolais.
Il est parfait, ce film. A bien y réfléchir, sa perfection commence dès le titre. Il n'y a probablement pas de récompenses décernées à une oeuvre cinématographique pour son seul titre, mais ce film là en mériterait une. Intouchables, ça évoque les parias indiens, les « hors caste » les impurs, qu'on ne saurait toucher sans se souiller. Du coup, on voit bien l'allusion à Driss/ Omar Sy, sa relégation, sa banlieue pourrie. Mais Intouchables, ce sont aussi les hommes qui, à force de cumuler les pouvoirs, sont suffisamment au-dessus des lois pour ne plus être concernés par elles. C'est dans ce milieu là qu'évolue Philippe/François Cluzet. Les réunir aussi étroitement dans le titre que dans le film, alors là, bravo ! Intouchable, ça évoque enfin, le toucher, cette perception tactile, puis la sensibilité et enfin la sensualité, tout ça étant très présent dans le film, qu’il s’agisse de la sensibilité artistique envers la peinture, la musique mais également de sexualité, abordée sous un angle humoristique et finalement très pudique s’agissant de celle du personnage tétraplégique, mais également de celle du chaud bouillant jeune sénégalais.
J’ai tout particulièrement aimé que ce film tombe juste, qu’il fabrique de l’émotion, du rire, de la réflexion et bref, du vrai avec les artifices de sa technique, ce qui est le propre de l’oeuvre. Certes, on nous annonce dès le début : « Ce film est inspiré d’une histoire vraie. » Mais à l’arrivée, on a surtout un vrai film, qui ne s’interdit ni la poursuite en voiture, ni le flash-back, ni les très gros plan, ni les sketches, qui sont autant de petits films dans le grand, ni la temporalité interne : l’histoire se déroule-t-elle sur des semaines, des mois, des années ? Elle se déroule surtout de son début à sa fin.
Je ne serais pas étonné qu’Omar Sy reçoive une récompense pour sa performance d’acteur, si ce n’est déjà fait. Il est parfait, totalement crédible dans un personnage qui mélange l’excès et la retenue, sans jamais abandonner ni l’un ni l’autre, le pragmatisme (qu’il revendique) et un sens aigu - quoique très personnel - de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, la fraîcheur et la rouerie, illustrant à merveille que l’humour est la politesse du désespoir.
Un vrai bon moment donc.
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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