Partager l'article ! Invité: Tiens ? Je crois que je me suis planté d'angle, ...
Tiens ? Je crois que je me suis planté d'angle, en rédigeant l'article ci-dessous, contaminé que j'étais par une idée fausse, selon laquelle il y aurait le virtuel d'un côté, avec les blogs et la littérature et de l'autre les gens et la réalité. A bien y réfléchir (mieux vaut tarte que jamais), la ligne de partage n'est pas là. Elle passe plutôt entre personnel d'un côté, nos carnet témoignant de ce point de vue subjectif sur la vie et le social de l'autre. Quand on rencontre les gens "en vrai", ce qui se rajoute, ce n'est pas de la vérité ou du réel, leurs écrits&carnets en sont plein, mais plutôt du familial et du social. Bref, je crois que je connaissais déjà bien les personnes chez qui nous sommes allé cet été, même si je n'avais pas encore rencontré certaines, mais à cette dimension personnelle, ces visites ont ajouté une dimension "environnementale", avec sa composante familiale et sociale. Bon, pas de quoi virer l'article qui suit, du moins pour l'instant...
D'une certaine façon, ces vacances nous auront permis de perpétuer notre tradition d'aller de maison en
maison et d'y séjourner quelques temps, à une différence près, importante : contrairement aux années précédentes, nos domiciles temporaires restaient cet été occupés par leurs habitants
habituels.
Je te la refais moins littéraire : d'habitude, on gardienne des maisons vides, là, elles étaient pleines.
Ca n'a rien à voir.
D'ailleurs, je ne vais même pas comparer, vu que l'idée, cette année, c'était bien de voir des gens. Non parce qu'aller de maison vide en maison vide, ça peut aussi avoir un côté flippant. Sauf
que j'adore ça. De toute façon, je n'avais pas du tout l'intention de te parler des avantages comparés des statuts d'invité et de d'occupant temporaire, mais d'un autre effet secondaire de cette
mini tournée chez nos hôtes, celui d'avoir un peu mieux, ou complêtement découvert avec qui ils partageaient leur vie.
Cette découverte englobe leur vie quotidienne, ordinaire, réelle. Parce qu'aussi proche qu'on veuille se tenir, sur nos carnets, de nos vies de tous les jours, à l'arrivée, on pourrait affirmer
sans mentir que tout est vrai, certes, mais que tout est faux également. C'est inévitable. On photographie, et crac, ce n'est plus la réalité, c'est une image, avec un sujet, une composition, un
cadre, des choix, des intentions. On écrit et recrac, ce n'est plus non plus la réalité, c'est un récit, une chronique, avec un début un développement, une chute, là encore un sujet, une
composition, des choix... Mais à vivre au quotidien chez Chris une journée et demi, chez Gra-gra et Coupin une grosse dizaine de jours, à peine une journée chez Jo, quelques jours chez Emmanuel,
on baigne dans un quotidien d'où toute fiction n'est pas exclue - on est un peu en représentation quand on a des invités - mais qui est infiniment plus dense et perso que ce qu'on s'autorise à
noter sur les espaces publiques de nos carnet.
D'où les conjoints.
Je ne crois pas trahir un secret en révêlant que le Marido de Belette, le Mâle de Linotte, l'Homme de Jo, le Coupin de Gra-gra, également ma Brune, sont toutes des personnes dotées d'un état
civil complêt et d'ailleurs tiens, je suis prêt à parier que dans l'intimité de leurs foyers, ou plus exactement sur la scène de leurs vies de couple, tous répondent à ce qu'il faut bien appeller
un autre pseudonyme, mais disons plutôt un "petit nom". Si ça se trouve, à la maison, c'est, barrer les mentions inutiles : chéri, mon coeur, mon amour, mon lapin, petite crotte etc.
Tu vois où je veux en venir ? Moi non plus. Encore que ça commence à s'éclaircir.
Alors disons tout net que la première surprise de cette tournée aura été de découvrir autrement que par des mentions finalement anonymes avec qui mes hôtes vivaient, l'autre surprise étant de
jouer les figurants dans leur histoire de couple. Non, mais n'aies pas peur, je ne vais pas entrer dans les détails, ma bonne éducation, jointe à ma légendaire lâcheté à l'idée des représailles
me l'interdisent.
Mais maintenant, je sais pourquoi et comment Gra-gra vit dans un appartement très grand, Jo et JB dans un musée plein de trésors et j'ai compris beaucoup de choses sur Emmanuel en vivant quelques
jours sous son toit. Ca ne remets pas en cause ce que j'en savais par leurs carnets ou leurs écrits, ça ajoute une bien intéressante épaisseur.
Après, vous en ferez les uns et les autres ce que vous en voudrez, mais la pièce qui parle le plus de vous tous, c'est la salle de bain.
Illustrations : ce carrelage atroce et ce papier peint contestable ont été photographiés chez Chris, et justifieraient à eux seuls de vouloir déménager. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait depuis.
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
Derniers Commentaires