Partager l'article ! Jardin d'addiction - CBMP à la FIAC: Fasc ...
Fascinant, dans sa lumineuse malveillance, ce « Jardin d'addiction », montré à la FIAC de Paris et dont le numéro daté du 22 octobre 2011 du magasine M du Monde, nous présente ainsi les deux artistes :
Christophe Berdaguer et Marie Péjus - Sombres utopistes
Leurs œuvres pourraient sortir tout droit d'une science-fiction de J. G. Ballard. Elles prédisent un monde d'inquiétude, intoxiqué de design, fourmillant d'addictions. Portées par une esthétique qui s'empare du high-tech pour le retourner comme une peau, elles cristallisent les angoisses d'aujourd'hui sous des allures souvent futuristes. Voilà plus de quinze ans que Christophe Berdaguer et Marie Péjus déjouent les travers de l'architecture et du design contemporain, pour les emporter vers un conte qui vire souvent au cauchemar. Ainsi des Maisons qui meurent, qui ont fait connaître ce duo marseillais, avec leurs murs en béton de sucre qui s'effrite; ou de leur série Psycho Architecture, dessinée à partir des névroses de leurs habitants, et qui leur répondent en réagissant physiquement à leurs humeurs. Autant « d'utopies négatives », qui composent un monde glaçant. Proclamant une efficience absurde, leurs œuvres jouent à fond l'effet placebo. Une fontaine de Lexomil sourd du sol, sans que l'on sache si qui s'y désaltère oublie aussitôt son stress. « L'avenir appartient aux fantômes », écrivait le philosophe Derrida. Ces ultra-rationalistes l'ont entendu, comme en témoignent leurs récents projets. A commencer par l'exposition collective qu'ils organisent cet automne au centre d'art contemporain-la synagogue de Delme, en Lorraine, autour des fantômes de l'architecture. Manière d'annoncer la commande publique que ce lieu leur a passée : une structure qui prolonge le bâtiment, s'emparant notamment de sa chambre funéraire, ancienne prison, ancienne école, pour faire « remonter ses fantômes : comme si le blanc de la synagogue surgissait par les sous-sols sous la forme d'un voile et sortait de l'espace par tous les trous, jusqu'à créer des excroissances à l'extérieur, coins et recoins pour le public ». Dans le cadre de leur collaboration à la FIAC avec la Galerieofmarseille, ils dévoilent plusieurs pièces inspirées par Houdini, le roi de l'évasion. Notamment le code secret qu'il a confié à sa tendre et chère pour communiquer après sa mort, de l'au-delà. « Ce qui nous a plu, c'est qu'il a combattu toute sa vie les spirites, utilisant ses talents pour dénoncer leurs arnaques. Mais juste avant sa mort, il laisse ce code à sa femme : "Rosebelle, believe. On ne sait jamais, au cas où ... " » M Le magasine du Monde 22 octobre 2011
L’oeuvre [ le jardin des addictions ] est conçue par les artistes Christophe Berdaguer et Marie Péjus et réalisée au Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques de Marseille (Cirva). Évoquant à la fois un monde végétal et animal, le dispositif oscille entre étrangeté et fascination. L’enchevêtrement de fines tiges qui vient parasiter l’intérieur du jardin renvoie au réseau complexe des neurones du cerveau. Chacune de ces synapses diffuse l’odeur d’une substance addictive pouvant générer chez le visiteur une information olfactive oscillant entre désir et manque… Sortir en Provence
Les parfums qui émanent de la plante sont modélisés [ par le parfumeur Les Christoph ] à partir des odeurs de différentes substances (alcool, cocaïne, herbe, opium...) toutes responsables d'un état de dépendance chez l'homme. Site des deux artistes (où l’on peut voir d’autres oeuvres.)
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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