Laure - rosier d'automne - Le carnet de jimidi

 

 

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omment commencer ? Peut-être en acceptant de sauter à pieds joint dans le paradoxe, plutôt que d’essayer de le contourner, ou de prétendre le résoudre. Je vais donc vous dire tout le bien que je pense du carnet de Laure, qui témoigne selon moi de très grandes qualités littéraires, mais il sera question ici surtout de ses photos et les deux textes auxquels je vais faire appel ne sont pas d’elle. Mais après tout, s’agissant d’un carnet titré « Une chose et son contraire », peut-être est-ce une bonne approche ?

 

Il y a quelque chose de magique dans l’incontestable talent d’écriture de Laure. C’est là, sous le regard, ça crève les yeux et parfois même le coeur, je le constate tous les jours en allant lire là-bas ses articles et pourtant, je serais bien incapable de dire à quoi tient cette écriture si particulière, à quoi tient sa très grande justesse, sa capacité de faire mouche. Ça me rassurerait presque de constater que la plupart des photos de Laure ne sont pas terribles, sauf, heureusement, les extraordinaires que je lui ai piquées pour illustrer cet article. On en trouverait sans doute plein d’autres en feuilletant plus sérieusement que moi son album photo, mais plus je regarde ses photos « ordinaires », plus elles me semblent résulter d’une sorte de malentendu. Ce que montre l’écriture de Laure, pour y revenir (et même si je ne vois pas comment elle fait) c’est son infinie capacité d’évocation. Deux, trois mots, et hop, tu as la situation, l’ambiance, en écoutant bien, la musique et les sons et moyennant un léger supplément, le parfum du jour, bergamote ou feu de bois selon arrivage. Du coup, je comprends qu’il puisse être tentant, planté dans un paysage, quand les impressions et les sentiments affluent, d’appuyer sur le bouton avant qu’ils repartent, en espérant qu’ils aient été capturées. Je comprends également qu’on puisse, dans ce même paysage, ou devant une scène, voir son oeil attiré par une ligne, un contraste, une couleur, vouloir en conserver une trace, et se retrouver avec une photo encombré d’autres trucs qu’on est bien obligé de garder et regarder puisqu’ils étaient également là. C’est sur cette piste que me conduisent les couleurs de Laure, celle de notes visuelles prises à la volée. Il m’a semblé par exemple, retrouver dans beaucoup de clichés, à mon avis trop pour que cette récurrence ne soit que le fruit du hasard, certaines teintes qui reviennent et parmi elles, un certain jaune, que je qualifierais bien de « moutarde », sauf qu’après avoir mis de la vraie moutarde sur mon scanner et du condiment à côté, je pense désormais qu’il s’agit plutôt d’un jaune curry.

 

Laure - Mousse sur écorce - Décembre 2011 - Le carnet de

 


Et voilà peut-être la clé, ou plutôt l’une d’entre elles. De même que certaines odeurs nous replongent immédiatement dans des souvenirs précis, je me demande si certaines couleurs ne fonctionnent pas sur le même mode pour Laure... Du coup, je me suis permis d’en piocher quelques unes dans ses images, puis de les rassembler. Elles me semblent composer une palette assez douce, nostalgique et tendre. On y retrouvera également ce rose très discutable dont elle a tartiné son carnet.

 

 

Laure - champ de maïs en hiver - Le carnet de Jimidi

 

Pour ce qui est des textes, dans les récents, on pourra utilement lire La vieillesse dit-elle ou piocher au hasard : à des titres divers, ils sont tous bien. Reste à convoquer dans cet article deux chanson interprétées par Christophe Willem. L’une, parce qu’en l’écoutant alors que je réfléchissait à cet article, m’est apparue ce l’or/laure certes un peu facile, mais qui oriente l’écoute et la lecture de ce texte d’intéressante façon. L’autre parce que cette chanson me parait coller pile poil à ce que j’aurais bien voulu vous dire de Laure, telle que je crois la deviner dans ce qu’elle écrit.

 

Laure - Feuilles givrées - Le carnet de Jimidi

 

 

Être un héros, voler dans les plumes, défier d'un regard... J'ai le chapeau, j'ai le costume ; après ça, je m'égare. Tout doux, comme un homme, bourru comme un saule en somme. J'ai tout fait pour me croire plus fort que fort. J'ai deux cent fois perdu le nord. Face à la vie mon corps se défile : je me sens fragile. Être un héros, plonger dans la brume, défier le hasard... Coup d'épée dans l'eau, si je résume. Je me rêve, le soir. Moi, j'ai l'air d'un homme : bourru comme un saule en somme.  J'ai tout fait pour me croire plus fort que fort. J'ai tant de fois perdu le nord ! Et face à la vie, mon coeur se défile : je me sens fragile... fragile... fragile... fragile...  J'ai tout fait pour me croire plus fort que fort, mais j'ai tout fait comme l'on fait le mort, et tant pis si, lorsque ma vie défile, je me sens fragile... J'ai tout fait pour me croire plus fort que fort, mais je me tue à faire le mort et tant pis si, lorsque ma vie défile, je me sens fragile.

 

Laure - nénuphars - Le carnet de jimidi

 

L’or est là sous la pluie, sur la peau de celui que je suis quand je te vois. L’or est là qui se colle entre nous et le sol. Je veux ça : me sentir en vie. Et la vie dans mes veines me chavire, me déchaîne et tout ça vaut de l’or. Viens dans mes bras Dans tel hôtel j’ai pleuré si fort là au pied du chêne j’ai pleuré encore sur mon corps ta peau sur ta peau l’arôme je respire avec toi l’or est tombé du ciel dieu que l’envie est belle quand mon ange en perd la foi l’or est là qui se colle entre nous et le sol je veux ça me sentir en vie et la vie dans mes veines me chavire me déchaîne. L’or est entre mes bras. Je suis en toi. Tout nous tient qu’à un fil. En un seul battement de cil, l’or est tombé du ciel. L’or est tombé du ciel. L’or est tombé du ciel. Dieu que l’envie est belle ! Viens mon ange, accroche-moi, l’or est là qui se colle entre nous et le sol. Je veux ça. L’or est là.

 

Laure - Les couleurs de Laure - Le carnet de Jimidi

 

Comme on l'aura compris, j'espère, les photos utilisées contre leur gré dans cet articles ont été prises par Laure, sauf celle ci-dessous.

 

Laure - Moutarde et condiment sur le scaner - Le carnet de

 Puisque je te dis que la maison ne recule devant RIEN.

 

 

 

Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 19:22
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Commentaires

très bien décrit ce que l'on ressent à la lecture des mots de Lor...

Commentaire n°1 posté par Mélanie de Tours le 13/12/2011 à 16h31

Merci, c'est gentil. Je croyais bêtement que vous ne regardiez que les images, chère Mélanie (de Tours).

Réponse de Jimidi le 13/12/2011 à 18h09

Crapule !!! 

Commentaire n°2 posté par Blup le 13/12/2011 à 19h04

Allons bon, qu'est ce que j'ai encore fait ? Dois-je appeler mon avocat ? Mon assurance ?

Réponse de Jimidi le 13/12/2011 à 19h09

ben rien, trop bien.

Commentaire n°3 posté par Laure le 13/12/2011 à 19h11

Ouf !

Réponse de Jimidi le 13/12/2011 à 22h32

Et oui, laure est une perle, son écriture un monde où l'on se sent à la fois chez soi, à la fois ailleurs, Laure, on voudrait être son amie autour d'un thé/café, mais on en a un peu peur aussi :-) 

Mais on l'aime fort. 

Commentaire n°4 posté par Tifenn le 13/12/2011 à 20h18

Tu n'es pas mal non plus.

(Le lien vers le site de Tifenn : La vie qu'on aime)

Réponse de Jimidi le 13/12/2011 à 22h33

je viens de résliser que tu serais capable de scanner de la nourriture entre curry et moutarde ou me trompe-je ?

j'adore aussi le couli de framboises, je te préviens !

Commentaire n°5 posté par L;-)) le 14/12/2011 à 07h44

Oui, voilà, plutôt que de me fier à la couleur moutarde de Wikipédia, j'ai préféré passer au scanner un vrai échantillon.

Réponse de Jimidi le 14/12/2011 à 08h24

correction : réAAAAAHHH-liser !

Commentaire n°6 posté par L. le 14/12/2011 à 07h45

Le lecteur attentif aura rectifié. Hi hi !

Réponse de Jimidi le 14/12/2011 à 08h24

Elles sont très belles ces photos

A bientôt

Commentaire n°7 posté par christian lemenuisiart le 14/12/2011 à 19h44

(Elle va me tuer) Celles-là, oui.

Réponse de Jimidi le 14/12/2011 à 20h33

Non, car Je n'ai aucun complexe et aucun but vers l'autre, dans mes photos. Je n'ai aucune prétention à aucun talent dans ce domaine, et je n'ai un petit appareil numérique que depuis 2007. donc, tu vois, tout m'amuse. C'est en fait un compagnon de route, c'est tout et c'est immense, très egoïste et jouissif, comme un doudou. Sans enjeu...Hmmmm c'est bon !

 

Commentaire n°8 posté par Elle le 15/12/2011 à 19h08

C'est très bien comme ça !

Réponse de Jimidi le 15/12/2011 à 22h29

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