Partager l'article ! Les couleurs de Laure: &nbs ...
omment commencer ? Peut-être en acceptant de sauter à pieds joint dans le paradoxe, plutôt que d’essayer de le contourner, ou de prétendre le résoudre. Je vais donc vous dire tout le bien que je pense du carnet de Laure, qui témoigne selon moi de très grandes qualités littéraires, mais il sera question ici surtout de ses photos et les deux textes auxquels je vais faire appel ne sont pas d’elle. Mais après tout, s’agissant d’un carnet titré « Une chose et son contraire », peut-être est-ce une bonne approche ?
Il y a quelque chose de magique dans l’incontestable talent d’écriture de Laure. C’est là, sous le regard, ça crève les yeux et parfois même le coeur, je le constate tous les jours en allant lire là-bas ses articles et pourtant, je serais bien incapable de dire à quoi tient cette écriture si particulière, à quoi tient sa très grande justesse, sa capacité de faire mouche. Ça me rassurerait presque de constater que la plupart des photos de Laure ne sont pas terribles, sauf, heureusement, les extraordinaires que je lui ai piquées pour illustrer cet article. On en trouverait sans doute plein d’autres en feuilletant plus sérieusement que moi son album photo, mais plus je regarde ses photos « ordinaires », plus elles me semblent résulter d’une sorte de malentendu. Ce que montre l’écriture de Laure, pour y revenir (et même si je ne vois pas comment elle fait) c’est son infinie capacité d’évocation. Deux, trois mots, et hop, tu as la situation, l’ambiance, en écoutant bien, la musique et les sons et moyennant un léger supplément, le parfum du jour, bergamote ou feu de bois selon arrivage. Du coup, je comprends qu’il puisse être tentant, planté dans un paysage, quand les impressions et les sentiments affluent, d’appuyer sur le bouton avant qu’ils repartent, en espérant qu’ils aient été capturées. Je comprends également qu’on puisse, dans ce même paysage, ou devant une scène, voir son oeil attiré par une ligne, un contraste, une couleur, vouloir en conserver une trace, et se retrouver avec une photo encombré d’autres trucs qu’on est bien obligé de garder et regarder puisqu’ils étaient également là. C’est sur cette piste que me conduisent les couleurs de Laure, celle de notes visuelles prises à la volée. Il m’a semblé par exemple, retrouver dans beaucoup de clichés, à mon avis trop pour que cette récurrence ne soit que le fruit du hasard, certaines teintes qui reviennent et parmi elles, un certain jaune, que je qualifierais bien de « moutarde », sauf qu’après avoir mis de la vraie moutarde sur mon scanner et du condiment à côté, je pense désormais qu’il s’agit plutôt d’un jaune curry.
Et voilà peut-être la clé, ou plutôt l’une d’entre elles. De même que certaines odeurs nous replongent immédiatement dans des souvenirs précis, je me demande si certaines couleurs ne fonctionnent pas sur le même mode pour Laure... Du coup, je me suis permis d’en piocher quelques unes dans ses images, puis de les rassembler. Elles me semblent composer une palette assez douce, nostalgique et tendre. On y retrouvera également ce rose très discutable dont elle a tartiné son carnet.
Pour ce qui est des textes, dans les récents, on pourra utilement lire La vieillesse dit-elle ou piocher au hasard : à des titres divers, ils sont tous bien. Reste à convoquer dans cet article deux chanson interprétées par Christophe Willem. L’une, parce qu’en l’écoutant alors que je réfléchissait à cet article, m’est apparue ce l’or/laure certes un peu facile, mais qui oriente l’écoute et la lecture de ce texte d’intéressante façon. L’autre parce que cette chanson me parait coller pile poil à ce que j’aurais bien voulu vous dire de Laure, telle que je crois la deviner dans ce qu’elle écrit.
Être un héros, voler dans les plumes, défier d'un regard... J'ai le chapeau, j'ai le costume ; après ça, je m'égare. Tout doux, comme un homme, bourru comme un saule en somme. J'ai tout fait pour me croire plus fort que fort. J'ai deux cent fois perdu le nord. Face à la vie mon corps se défile : je me sens fragile. Être un héros, plonger dans la brume, défier le hasard... Coup d'épée dans l'eau, si je résume. Je me rêve, le soir. Moi, j'ai l'air d'un homme : bourru comme un saule en somme. J'ai tout fait pour me croire plus fort que fort. J'ai tant de fois perdu le nord ! Et face à la vie, mon coeur se défile : je me sens fragile... fragile... fragile... fragile... J'ai tout fait pour me croire plus fort que fort, mais j'ai tout fait comme l'on fait le mort, et tant pis si, lorsque ma vie défile, je me sens fragile... J'ai tout fait pour me croire plus fort que fort, mais je me tue à faire le mort et tant pis si, lorsque ma vie défile, je me sens fragile.
L’or est là sous la pluie, sur la peau de celui que je suis quand je te vois. L’or est là qui se colle entre nous et le sol. Je veux ça : me sentir en vie. Et la vie dans mes veines me chavire, me déchaîne et tout ça vaut de l’or. Viens dans mes bras Dans tel hôtel j’ai pleuré si fort là au pied du chêne j’ai pleuré encore sur mon corps ta peau sur ta peau l’arôme je respire avec toi l’or est tombé du ciel dieu que l’envie est belle quand mon ange en perd la foi l’or est là qui se colle entre nous et le sol je veux ça me sentir en vie et la vie dans mes veines me chavire me déchaîne. L’or est entre mes bras. Je suis en toi. Tout nous tient qu’à un fil. En un seul battement de cil, l’or est tombé du ciel. L’or est tombé du ciel. L’or est tombé du ciel. Dieu que l’envie est belle ! Viens mon ange, accroche-moi, l’or est là qui se colle entre nous et le sol. Je veux ça. L’or est là.
Comme on l'aura compris, j'espère, les photos utilisées contre leur gré dans cet articles ont été prises par Laure, sauf celle ci-dessous.
Puisque je te dis que la maison ne recule devant
RIEN.
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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