Julia FELD - Le carnet de Jimidi

 

 

Lettrine (E julia Feld)

 

 

 

n découvrant sur Netkulture l’article du 7 février 2011 titré : « L'art de Julia Feld » j’ai été saisi d’un bref accès de désespoir (assez vite passé) facile à décrypter : En cette époque de dématérialisation intense, où l’on nous promet des textes réduits à leur contenu, accessibles par des tablettes électroniques, les livres, les vrais, ne seront-ils bientôt plus que des reliquaires comme ceux de Julia Feld ?

 

Une fois n’est pas coutume, je reproduis ci-dessous in extenso l’article de Tonton. J’ai juste viré trois coquilles et souligné certains passages :

 

Encore une fois nous partons dans l'art réalisé avec les livres et aujourd'hui avec le travail de l'artiste scientifique vivant et travaillant à Saint-Louis Julia Feld dont les oeuvres présentées sur son blog Stokes Hokey! sont vraiment magnifique dans leurs précisions et réalisations. Une artiste qui a toujours aimé les éléments visuels de la science et a commencé à sculpter des livres afin d'attirer l'attention sur leur beauté plutôt que sur leur contenu.
Ses armes de prédilection sont les couteaux Exacto, fraises, pinces à épiler, ciseaux, règles, limes, plaque de verre, colle et surtout beaucoup de patience afin de sculpter ses livres dont les pages sont collées étroitement ensemble et dont les illustrations qu'ils contiennent, paysages topographiques, papillons en papier, représentations graphiques, schémas de systèmes complexes, etc. sont protégés par la plaque de verre qui est insérée sous la couverture. Bien sûr qu'elle aime les livres et c'est pour cela qu'elle ne taille pas des livres rares ou neuf mais bien des livres qui ne sont plus appréciés pour leur contenu.

 

On pourra tortiller la démarche artistique dans tous les sens qu’on veut, reste qu’après cette chirurgie dévastatrice, ces livres ne seront plus lisibles.

 

Mais comme nous le rappelle d’ailleurs Tonton, force est de constater que ce travail s’inscrit dans une filiation assez assurée d’artistes considérant le livre avant tout comme un matériaux et dans celle, non moins assurée, des livres objets. Tu pourrais m’objecter à juste titre que les premiers se foutent du contenu quand c’est précisément ce qui intéresse les second. Certes, mais les uns et les autres mettent en valeur cette matérialité, cette épaisseur, cette substance dont nos tablettes électroniques restent dépourvues, mais dont nous n’aurons peut-être bientôt même plus le regret.

 

Du coup, je me demande quand même si Julia Feld, en statufiant des livres, n'anticipe pas sur les ressorts d’une inquiétante nostalgie. Mais il est possible aussi qu’elle soit victime de cette fascination assez universellement partagée envers les petites mondes en boite, ce qui serait un moindre mal. Tiens, je me demande si je ne vais pas, à mon tour, faire montre à son endroit d’un rien d’iconoclastie, et présenter son travail allongé plutôt que debout comme un livre...

 

Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 17:32
- Publié dans : Plasticiens et Designers - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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