Ruisseaux - Laure - Le carnet de Jimidi

 

 

Lettrine (I - Laure) Le carnet de Jimidi

 

 

l n’y a pas très longtemps, je m’étais permis de souligner les qualités littéraires du carnet électronique de Laure, laissant entendre qu’à l’ordinaire, ses photos me paraissaient plutôt témoigner d’une intention de prendre des notes à la volée sans composer de la vraie grosse bonne image pour un éventuel spectateur. Ce qu’elle confirmait d’ailleurs. C’était compter sans la série « Ruisseaux », toute fraîche, qui me parait lancer un démenti cinglant au côté anecdotique de beaucoup de ses clichés.

 

J’ai cru un instant qu’il s’agissait de peinture, sur toile, ce qui aurait renversé d’intéressante façon le « Oh ! On dirait une photo ! » dont on accompagne volontiers certaines oeuvres des peintres photoréalistes. Laure me confirme qu’il s’agit bien de photos, dont elle dit avoir « juste » forcé les couleurs dans Picassa, sauf qu’à l’arrivée - je ne sais pas ce que vous en penserez - mais il me semble qu’on a de vraies oeuvres picturales.

 

Oui, mais alors, si les toiles font photo et si les photos font tableau, elle est où la peinture ? Elle est par exemple dans le rendu très impressionniste du flou, de l’eau, de la lumière. Mais elle est également dans le rendu hyperréaliste des branchages.

 

Il y aurait une « Histoire du flou » à écrire, à supposé qu’elle ne le soit pas déjà, par quelqu’un comme Michel Pastoureau, une histoire qui partirait de Léonard de Vinci et de son fameux « sfumato », jusqu’aux choix des plans focale en photo et au cinéma. On démontrerait sans trop de peine que le flou est un langage, qu’il soutient un propos, qu’il porte une intention, un sens. Ici, il me parait soutenir l’idée de mouvement, de transparence, de liquide. Le net, par opposition, parait réservé à l’opaque, à l’immobile, au bois. On trouvera une intéressante communication entre les deux avec les reflets, le brillant, le mouillé... On a sur chacune des trois photos une économie des éléments mise au service de l’ensemble de la composition, organisés entre eux d’une manière très dynamique. Reste un autre aspect, qui me parait très moderne et qui emporte complètement mon adhésion, c’est cette manière de se situer en équilibre stable entre l’abstrait - des taches de couleurs organisées - et la représentation : un ruisseau. Après, eau vive et bois mort, c’est à vous de voir.

 

Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 22:43
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