Partager l'article ! Objets quotidiens - 1: eut-être qu’à force de me voir critiquer les objets, certains d’entre v ...
eut-être qu’à force de me voir critiquer les objets, certains d’entre vous en viennent-il à se demander si je ne vis pas dans un abri sous roche, relié en Wi-fi au
reste du monde par signaux de fumée ? Je te rassure, mon F5 au septième étage me coûte assez cher pour m’assurer un certain confort. Mais peut-être la question de pose-t-elle néanmoins des
objets quotidiens qui m’entourent ? Tu dis ? On s’en fout ? Hélas, l’absolu manque d’intérêt du sujet n’est pas un obstacle à la rédaction des articles de cet ici-carnet, on s’en
serait aperçu.
Le vieux sécateur
Il n’est pas ici depuis très longtemps, mais je crois qu’il est dans la famille depuis plusieurs générations. Celui-là, quand je l’ai vu et peu après l’avoir essayé, j’ai su que j’allais l’adopter. J’usais précédemment d’un autre, moderne, assez serviable également, mais dont le dispositif anti-ouverture avait tendance à contrarier l’usage. De plus, ses poignées plastiques vieillissaient sur le mode gluant. Deux défauts que n’a pas celui-ci. Il peut couper assez épais et bref, c’est un vrai plaisir de tailler tout ce qui passe, dépasse et trépasse avec lui. J’aime sa matière de bonne vieille grosse ferraille, le guillochage de ses poignées, la languette de cuir, le mystérieux dispositif à cliquet (pour serrer les lames ?), le ressort façon boite à sardine, tout !
La planche à découper
C’est la vieille, celle-là. On en a une autre, épaisse, carrée, récente, assez jolie, en bambou. Il parait que celle-ci est en poirier. J’ai peine à croire qu’un poirier puisse devenir assez épais pour qu’on puisse en tirer des planches, mais c’est ce que raconte la légende. Je crois me souvenir qu’au départ, une danseuse était maladroitement sculptée sur une des faces. Elle est parti à coup de gouges dans le changement d’emploi, passant du bas-relief à l’accessoire de cuisine. Cette planche sert à découper un peu tout, mais particulièrement le pain. Elle sert également de dessous de plat.
Le couteau d’ogre
Il me semble l’avoir acheté sur une braderie, dans le Nord, il y a donc quelques dizaines d’années. A l’époque, il était doté d’un manche en bois noir, assez ordinaire. Puis d’être resté trop près du gaz un jour, ce manche a partiellement brûlé. Aussi, mon frère ébéniste lui en a-t-il confectionné un autre, en wenge, magnifique, comme tout ce qu’il fait. Je ne sais pas si l’appellation « couteau d’ogre » est venue d’abord côté parents ou côté enfants, mais on l’a toujours appelé comme ça, ce qui a maintenu la petite classe à distance respectueuse de ce couteau, qui coupe méchamment.
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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