Partager l'article ! Objets quotidiens - Le tiroir N°2: &n ...
Illustrations : Le tiroir en question dans son état naturel, puis le même, au contenu étalé. Mode d'emploi : tu cliques sur la photo deux. Elle s'ouvre alors dans une deuxième fenêtre où tu peux faire des aller-retours avec le texte au fil de ta lecture.
1 – Compartiment tueur
Se trouvent rassemblés là nombre d'outils tranchants, à commencer par une cisaille à volaille, elle-même échappé d'une mallette de couteaux dont on retrouvera quelques naufragés plus loin. Je ne l'ai jamais utilisée pour couper de la volaille, puisque le couteau d'ogre rempli tout à fait cet office, mais elle va aussi très bien pour couper des matériaux durs, carton, tôle. Tu dis ? Elle devrait postuler pour se faire embaucher dans la boite à outils ? C'est une idée.
Le couteau à pain, lui, ne sert qu'à couper le pain, en association avec l'une ou l'autre des planches à découper. Ça c'est du bon ouvrier : fidèle, fiable, toujours rangé à la même place.
Le couteau à jambon, issu de la mallette. Je défie quiconque de couper du jambon avec, mais il va très bien pour couper le papier en grande feuille suivant la pliure, kraft pour les emballages, papier cadeau, nappe en papier...
Une louche, à mon avis égarée du tiroir d'après, ce qui prouve bien que ce n'est pas toujours ma brune qui range la vaisselle : voilà une erreur de casting qu'elle n'aurait jamais commise, tu penses bien ! Ou alors cette louche est là pour faire des petits ? Après tout, une louche à bord tranchant pourrait peut-être s'avérer utile. Un couteau creux, moins.
Le couteau d'assassin, issu lui aussi de la fameuse mallette cadeaux. Y'a pas une superstition qui dit qu'on n'offre pas de couteau aux amis, parce que ça coupe l'amitié ? Remarque, sachant que la mallette en question m'a été offerte par ma belle-mère, y'a pas grand-chose à couper...
Un couteau à je ne sais pas quoi. Désosser ? M'en suis jamais servi de celui-là. Tu le veux ? D'ailleurs tiens, oui, ce serait une idée : je mets tout ce qui ne sert pas dans un carton et hop, je l'expédie au prochain gagnant du Schmilblick, à condition que ce soit Nicolas. Je me doute bien que vous autres, vous avez déjà tout le nécessaire et au moins autant de superflu. Un autre couteau à jambon, vaguement d'inspiration Laguiole, fourni avec le jambon cru qui allait avec. Élégant et beaucoup trop mou.
Une fourchette à fondue, dont on se demande bien ce qu'elle peut faire là toute seule. Dieu sait où sont les autres. La fondue, tu sais, c'est ce truc que tu fais chez toi environ une fois par siècle et dont la mise en œuvre à elle seule est tout à fait pénible.
Le fusil à aiguiser, complètement inutile également, malgré ses airs irremplaçables, vu que j'aiguise mes couteaux sur le bord de la table en verre de la cuisine.
Un monstre. C'est un des innombrables couteaux confectionnés par mon frère à partir d'une lame de ressort de camion. Vu la tronche de celui-là, il doit dater de ses début. Si tu es vraiment sage, je t'en montrerai un autre, d'inspiration japonaise, vraiment beau. Remarque, celui là m'a l'air de pouvoir tout supporter, y compris qu'on lui tape dessus pour faire des trous dans le béton. Y penser si je dois attaquer des travaux de fond.
2 – Rassemblement improbable
Alors là, on glisse franchement sur la pente du n'importe quoi. Une fourchette jetable, deux pinces à linge dépareillées et deux feutres permanents, probablement planqués ici pour ne pas être confondus avec les feutres Véléda pour le tableau blanc. Quiconque a déjà pris les uns pour les autres comprendra cette sage précaution. Pour le reste du contenu, ça commence à ressembler à de la peur du vide.
3 – Des embouts, mais pas que
En théorie au moins, les embouts de bouteille (ou de brique de lait), devraient être relativement utiles, sauf que celui destiné aux bouteilles d'huile Puget ne se ferme pas, autant dire que l'huile reste à l'air et qu'en cas de renversement de bouteille, c'est la cata, que celui pour les briques de lait ne nous sert pas puisqu'on le prend maintenant en bouteilles (Tu parles, quand on le prenait en brique, il ne servait pas non plus...) quant au troisième, c'est plutôt un souvenir puisqu'il venait coiffer une bouteille de Farigoule, dont la seule évocation entraine une nostalgie familiale irrépressible. On a tourné tout un été à la farigoule et c'était de très bonnes vacances.
Un faux couteau suisse, dont le tire-bouchon est tout niqué, et dont les autres accessoires ne valent sans doute pas mieux. Sinon, c'est pratique, un couteau suisse, en ballade, à condition de penser à le prendre. Là où il est, celui-là ne risque pas d'être dérangé. De toute façon, j'ai un autre couteau multifonction très bien, pendu près de la porte d'entrée avec les clés, où il beaucoup plus de chance de participer à mes activités plein air.
Un ouvre boite, du même modèle que les deux autres, mais qui va rester là, parce que le meilleur endroit pour ranger un truc, c'est pas forcément la place où il doit être mais celle où on le cherche. En suivant ce principe là, tu perds beaucoup moins de temps à trouver ce que tu cherches si tu as pris la précaution d'en bourrer tous tes tiroirs. Tu dis ? Nos tiroirs semble sacrifier massivement à ce principe ? C'est pas faux et c'est ce que semble indiquer la présence de quatre nouveaux feutres dans cet alvéole. On en est déjà à six rien que pour ce tiroir, et j'ai l'impression que ce n'est pas fini.
4 – Hard métal
Tiens, le contenu de cette alvéole ressemble beaucoup à son homologue du tiroir d'en-dessus. Un casse-noix, le deuxième donc, mais qui n'est toujours pas celui dont on se sert, j'allais dire « habituellement », mais on ne passe pas nos soirée à casser des noix.
Un décapsuleur, je ne sais plus à combien on en est, j'ai arrêté de compter après 10 puissance 7.
Un tire-bouchon, pas très glamour celui-là, mais increvable et finalement assez pratique. On trouvera son successeur, nouvellement arrivé, sophistiqué et design, dans le dernier tiroir, le cinquième, mais n'anticipons pas.
Une cuillère à glace, plutôt belle dans sa totale inutilité (de Tours) et amochée puisque on trouvera les pièces détachées de son manche dans l'alvéole 8. Tiens ? On pourrait rassembler au même endroit tous les objets nécessitant une réparation, dans une sorte d'hospice où ils attendraient d'être recollés, ressoudés, recousus. Tu dis ? La poubelle te parais être l'endroit idéal pour ça ? Tu es d'une cruauté ! De toute façon, je n'ai jamais réussi à faire des boules de glace avec ce genre de cuillières. Tu dis ? Il faut la tremper dans l'eau chaude avant ? C'est ça, et la tremper dans l'huile, ça fera un escargot tout chaud ? On connait la chanson !
5 – Les couteaux à steak et à Pizza
Ouf ! Il était temps de retrouver un peu de cohérence dans le rassemblement des objets dans la même alvéole. C'est le cas avec les couteaux à steak et à pizza. Bon, la vérité m'oblige à dire qu'ils servent également pas mal à cuisiner, remplaçant alors d'autant plus facilement les couteaux d'office que nous n'en n'avons pas. Trois modèles différents seulement : on frise l'homogénéité !
6 – Trois orphelins
Alors là, j'ai beau chercher, je ne vois pas ce qui rassemblerait pertinemment cette louche moche, ce pinceau à pâtisserie et ce couteau épluche légume. Probablement rien d'autre que leur dimension hors-tout. Seul le couteau épluche légume sert plus d'une fois par année bisextile, mais d'ailleurs, à bien y réfléchir, il me semble bien qu'on en a deux, l'autre étant pourvu d'un manche rose vif, très pratique pour l'isoler visuellement dans le merdier. Où est-il ? J'espère qu'il ne s'est pas tiré vers des contrées plus civilisées...
7 – L'alvéole à ciseaux
Que ce soit clair, si vous n'êtes pas un ciseaux, vous n'avez rien à faire ici. On considèrera donc que la pince brucelles, la roulette à découper les pizzas (ou les tartes) et le troisième casse-noix sont là en simple visite. La pince sert à sortir les tranches de pain du grille-pain sans se cramer les doigts. Le casse-noix servirait si on avait des noix à casser, ou des noisettes, parce que lui est assez pratique, contrairement aux deux autres. La roulette ne sert à rien : hop ! Chez Nicolas.
8 – Petit merdier toi même
Je soupçonne cette alvéole, très accessible dès qu'on ouvre ce tiroir, de recueillir le tout venant de ce qui ne va pas ailleurs. Il y a des lieux d'accueil au grand coeur, comme ça. J'en connais d'autres, c'est par exemple, à la fin de toute tentative de classement, la catégorie « divers ». C'est aussi, quand on déménage, l'ultime carton dans lequel on fini par fourrer en vrac à la pelle tout ce qui n'est pas rentré dans les jolis cartons étiquetés. La 8 est donc une alvéole fourre-tout, elle n'est ni la première ni la seule, mais pour elle, cette vocation paraît pleinement assumée. On y trouvera donc, dans l'ordre d'apparition à l'écran : les éléments de la poignée de la cuillère à glace, une pince à linge en bois, du lien vert à plante, dont tu pourrais te demander imprudemment ce qu'il fout dans une cuisine, mais ce serait oublier que la nôtre est petit à petit envahie par un scindapsus, dont la croissance euphorique laisse à penser qu'un jour, ce sera lui ou nous, et qu'il faut régulièrement attacher à son support pour éviter qu'il ne vienne manger dans nos assiettes. Du coup, on trouvera aussi, récupérés, et probablement pour le même usage, les liens fermant certains sacs plastiques et, plus étonnant, des attaches dont on ne voit pas bien quel pourrait-être le ré-usage... Peut-être pour les sacs congélation ? On aborde là un domaine bien trop technique pour moi.
Un élastique, dont la place ne paraît pas usurpée au regard de son usage possible comme lien. Deux piles R6 et deux piles bouton, probablement usagées, les neuves sont dans une panière dans le placard des jeux de société, celles-là attendant probablement de rejoindre les autres, stockées dans un bocal dans la penderie de l'entrée, avant leur grand voyage à la déchèterie. Un joint torique probablement remisé à cet endroit pour sa vague parentée avec un bracelet élastique et on aura terminé l'inventaire de cette alvéole en mentionnant la demi-rondelle de bouchon (de champagne) pratique pour caler un meuble bancal, sauf que nous n'avons pas de meubles bancaux.
9 – La papeterie
Il faut se rendre à l'évidence, ici, la papeterie a tendance à tout envahir. Faut-il y voir une radicalisation du principe déjà évoqué selon lequel on perd d'autant moins de temps à chercher un truc qu'on en a fourré partout ? Y'a un peu de ça, mais ce principe s'oppose à un autre, qui découle de la loi de l'emmerdement maximum et trouve dans la papeterie une déclinaison toujours vérifiée qu'on pourrait énoncer ainsi : « Putain, mais y'a jamais UN stylo qui marche dans cette baraque ! » Certes, il n'y a pas ici que des stylos, et on chercherait en vain à écrire avec la petite cuillère en céramique venue à Noël de Corse avec sa copine la tasse de céramique assortie. De même, on chercherait en vain à écrire avec le cutter ou la pince à linge bleue. C'est moi, ou y'a des pinces à linges partout ? De la papetterie, on en trouverait sans beaucoup chercher dans plein d'autres endroits ici, à commencer par le tiroir N° 4, mais nous n'en sommes pas encore là.
Il me reste à te remercier de m'avoir accompagné dans cette longue traversée du tiroir N°3.
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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