e commentaire de Pinpin/Vincent Pinson me donne l’occasion de remettre sur le devant de la scène ces très belles photos, parmi lesquelles, l’une des siennes, tirée de sa série « Errance », que vous pourrez allez admirer sur le site du photographe. Du beau boulot, vraiment !
(Voir aussi le premier article : "Concours photo - Un monde en mouvement")
inalement, et même si ça demande un peu de temps, c’est assez instructif de parcourir un grand nombre de photos. Laisse moi calculer : quinze par page, trois cent dix
neuf pages, quatre mille sept cent quatre vingt cinq photos rassemblées pour le concours "Un
monde en mouvement". Comme souvent, quand se trouve réuni beaucoup de n’importe quoi - des gens, des galets sur une plage, des pièces de bois dans la scierie de Brice - alors des sous-ensembles apparaissent au regard,
celui-ci ayant tendance à organiser le chaos. Du coup, se dessinent les profils de certains contributeurs, du moins tels que je peux les percevoir au travers des photos envoyées et des titres
proposés.
Il y a les plus ou moins touristes qui, à l’occasion de circonstances favorables - sujet, éclairage - ont eu la chance ou le talent de déclancher au bon moment, rapportant chez eux LA bonne photo, celle qui tranche un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie sur leur production habituelle de photos souvenirs juste techniquement réussies. Ceux-là baptisent leur photo d’un titre à base de gel cellulosique, moins gras que la vaseline, pour le faire rentrer dans « Un monde en mouvement », et c’est parti. Par chance pour eux, et pour beaucoup d’autres, l’intitulé du concours ratisse large. « Monde » laisse entrevoir tous les exotismes, tous les folklores, tous les voyages, mais également tous les environnement et pas mal de contextes. « En mouvement » est au moins aussi vaste. Pris au pied de la lettre, toutes les photos de danse, de sport et de déplacement peuvent y trouver une place, mais au figuré, également tout ce qui peut évoquer le changement, la métamorphose, le progrès. Et comme ni l’ironie ni le contre-pied ne sont a exclure, on pourra trouver aussi des photos parfaitement statiques, genre pyramide de Kheops légendées sur le mode : « Dans un monde en mouvement, certaines choses restent éternelles... » Ben voyons.
On trouvera également les touristes moins, variante professionnelle des précédents, c’est à dire des amateurs éclairés, ou des vrais pros, tentés de recycler à l’occasion de ce concours un vrai bon travail photo exécuté dans des circonstances n’ayant rien à voir avec ce concours. Un titre sera là aussi chargé de montrer patte blanche à l’entrée. Ou pas. Certaines photos semblent avoir été expédiées par des photographes engagés dans une recherche, une démarche les poussant, je sais pas moi, par exemple à photographier les rues des petites villes du Minnesota entre chien et loup, sans éclairage d’appoint. Ces villes là et aucune autres, à cette heure là et aucune autre. Ces purs et durs ne trichent même pas dans le titre dont ils accompagne leur cliché et d’ailleurs, la plupart n’en donnent pas.
Mais il y a également les touristes plus, ceux qui ont envoyé en guise de participation au concours une photo choisie moisie semble-t-il au hasard dans les deux cent cinquante mille rapportées de leur dernière virée à l’étranger. Dans « un monde en mouvement », ceux-là entendent « Moi en déplacement ». C’est un début. On remarquera au passage que l’étranger est une notion très relative puisque on compte par dizaines les photos de Paris. D’ailleurs, j’en ai retenu une. Il y a également les copieurs, ceux à qui un truc a plu sur un cliché planétaire et qui le reprennent à leur compte. J’ai eu l’occasion il y a peu de revoir le film « La liste de Schindler », dans le noir et blanc duquel le manteau rouge d’une petite fille ressort tragiquement. Je ne sais pas si Spielberg à lui même piqué le truc à quelqu’un d’autre, mais force est de constater qu’il a fait des petits, nombreux sous Photoshop. Encore ébranlé ou pas par le film, j'ai trouvé beaucoup de « faux noir&blanc » dans les clichés du concours.
Pour ce qui est des sujets, on trouvera une catégorie démographique surreprésentée : les gamins en train de faire les cons. En revanche, on regrêtera la quasi absence de vache. Perso, je n’en ai vu que deux. Ce sont donc bien elles les vraies stars de ce concours et je remercie Éric Beltrame d’avoir déroulé pour elles le tapis rouge de leur herbe verte.
(Janvier 2012)












































Derniers Commentaires