Sans doute cet article va-t-il en décevoir plus d'un. Oh, je ne parle pas de la centaine de visiteurs (je n'ose dire
« lecteurs ») inexplicablement agglutinée chaque jour sur mon article « Au quatrième taupe » - deux mille trois cent quarante
quatre dans les trente derniers jours - mais plutôt de toi, de toi, voire même de toi qui, pour suivre l'actualité de ce carnet régulièrement, m'imagine volontiers absorbé par des tâches de la
plus extrême importance et de la plus ambitieuse portée culturelle, comme établir des statistiques sur les prospectus reçus l'année dernière, ou décrypter ce qui est écrit sur les emballages de
PQ.
Je joue.
J'avoue : je joue. Alors même que mon lectorat(e) se lamente en attendant ici des articles qui tardent, que des
textes à lire m'attendent, nombreux, que des textes à écrire me réclament, moins nombreux mais plus pénibles, qu'il faut changer la litière des chats et que le printemps n'en finit plus de ne pas
arriver : je joue.
À quoi, à quoi ? te demandes-tu, toi que traversent des images subliminales de pokers enfumés et fiévreux, ou,
serait-ce possible ? on ne sait quelle addiction aux courses de chevaux, ou, non, pas ça ! Pas lui ! un jeu de guerre en ligne dans lequel, sous un avatar musclé, j'assouvirais mes penchants
sadiques à grands coups de tronçonneuse laser émoussée. Non, mais non : juste Sims 3.
Ça me reprend de temps en temps, puis ça passe. Là, ça m’a repris. Les Sims, c'est une simulation de vie familiale,
ma foi assez réaliste. C'est à dire qu'après avoir créé ex nihilo une famille, allant de une à six personnes, tu les installes dans leur chez eux – qu'il faut construire et meubler – puis tu
présides à leur destinée. C’est dire que là bas, je suis Dieu et le Maître du Monde. Mes Sims disposent d'un certain libre arbitre et pourraient, dans une certaine mesure, vivre leur vie sans que
j'intervienne, mais j'interviens. À quoi bon être Dieu sinon ?
Cette fois, j'ai décidé de jouer sans tricher. C'est à dire que j'ai créé un adulte, bien sûr nommé Adam, puis je
l'ai installé à l'écart de la ville entre quatre murs bon marché façon mobile home pour ne pas trop entamer son capital de départ. Puis j'ai décidé d'en faire un artiste peintre. En effet, je me
suis aperçu à l'usage qu'une fois maîtrisée la compétence « peinture », les toiles se négociaient assez cher pour ne pas avoir besoin d'aller travailler. Je lui ai également fait
cultiver son jardin, ce qui lui assure à la fois d'avoir à manger et de pouvoir vendre ses légumes. Pour ces mêmes raisons d'autosuffisance, il est assez doué pour pêcher.
Quand il a eu gagné assez, j'ai pu installer Adam sur un terrain en bord de mer, dans une maison confortable et j'ai
pu l'envoyer draguer l'âme sœur en ville. Il a trouvé une chérie à son goût, bien qu'elle travaille dans les forces de l'ordre. Elle a changé de travail depuis. Ils ont eu ensemble un fils
maintenant assez grand pour ne plus aller à l'école et qui ne paraît pas du tout pressé de quitter la maison.
Bien sûr, tout n’est pas comme dans la vraie vie. Si tu arrives à pêcher un « poisson létal », dispo à
certaines heures seulement dans la mare du cimetière, et à faire pousser une « plante de vie », si tu es au top question cuisine, tu peux concocter de l’ambroisie qui te rend quasi
immortel…
Tiens ? Je vais peut-être me mettre à la pêche, moi…
La maison près de la plage, pas immense immense, mais suffisante. Avec piscine bien sûr. La déco est très très
rouge. J'avais envie de rouge.
Le peintre, dans ses oeuvres. Un paysage de neige et une marine...
Lui et elle, en train de jouer aux échec. Pratique pour gagner en sociabilité, en logique et s'amuser. Tiens ? Elle
a gardé ses habits de l'hopital.
Fiston en train de manger n'importe quoi à n'importe quelle heure.
Comme c'est mignon, un père et son fils occupés ensemble dans le jardin !
Mardi 26 février 2013
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/2013 23:53
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Publié dans : À la maison
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