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Livres/revues - Édition

 

 

Moi pas. J’ai découvert le mot dans un programme de conférences transmis par Entr’revues, l’organisme qui nous invite (moyennant finances) au Salon de la revue.

 

• Accueil par Jean-François Colosimo, président du CNL

• Une économie en débat : financement, problèmes de diffusion, rapport à l'édition, question du lectorat…

• Les Mooks : phénomène durable ou mode ? quelle attente pour quel public ? une manière nouvelle de penser la "revue" ?

• Des objets hybrides : sur les revues qui tout en ne renonçant pas à la forme-papier ont des développements numériques ambitieux. Ubiquité éditoriale pour une meilleure visibilité ? pour une plus large palette éditoriale ?

• Un genre qui résiste : tout semble pousser les revues vers un destin exclusivement numérique et pourtant force est de constater que beaucoup d'entre elles restent attachées à leur forme-papier, dont nombre de nouvelles revues. Pourquoi ce choix, cette résistance ? En quoi cette forme traditionnelle paraît-elle encore moderne et désirable ? 

 

Pause déjeuner

 

- 14h-16h

• Les revues numériques ou "pure players" : à l'inverse les revues numériques se développent. Que permettent-elles de plus riche ? plus efficace ? et selon quelle économie ?

• Revues et numérisation des fonds

 

Du coup, je me suis renseigné. Mook, si j’ai bien compris, ce serait une publication papier se situant entre le M de magazine et le ook de book. Autrement dit, un périodique au format livre. Coup au cœur. Scribulations serait-elle un « mook » sans le savoir ? Un peu oui, mais finalement plutôt non.

 

La référence du genre reste XXI, apparue en 2008. Tiens ? C’est la même année que Scribulations. Il faut croire que le épais/sans publicité/agréable à regarder et à lire était dans l’air du temps.

 

Tout le reste est différent, à commencer par le tirage : cinquante mille exemplaires pour XXI, qui plaide pour un « autre journalisme ». Va voir leur site, il est tout à fait bien.

 

Revue ou magazine ? C’est toute la question. On notera que XXI propose, le concernant, un début de réponse puisque son adresse se lit : revue vingt et un *. Oui, mais non : c’est un magazine, de récits, de reportages. On est dans le réel, pas dans la fiction. On est chez des journalistes, pas des auteurs. Attention, dans mon esprit, les uns n’ont pas une valeur supérieure aux autres. Je souligne ces différences pour qu’on sache bien de quoi on parle.

 

Reste que les mooks reposent sur de bien intéressantes idées, que Scribulation me semble partager : le zapping, l’éphémère, le rapide, la com, la pub, oui, bien, mais pas partout, pas tout le temps, pas chez nous. 

 

 

* Je réalise qu'on peut également lire leur titre "XXL" autrement dit "taille extra large", ce qui est cohérent avec leur slogan : "L'information grand format". 

 

 

Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 06:29
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Lettrine (O foetus)

 

 

 

 

n méconnait injustement le rôle des appareils sanitaires dans les grandes avancées de l'esprit humain. C'est pourtant bien dans sa baignoire qu'Archimède, constatant un mardi que le niveau de l'eau montait quand il s'immergeait, eut l'idée de sa poussée, pour laquelle, si je ne m'abuse, le carré de l'hypoténuse n'a rien à voir. Ça c'était Pytagore. Une poussée drôlement efficace puisque on le retrouvait à poil dans la rue criant « Eureka ! » et qu'elle permet depuis de faire flotter tout ce qui navigue. Tu dis ? Ça flottait pareillement avant ? Oui, mais de façon incompréhensible.

 

Moi c'est la douche. Le 17 avril 2008 (nous y voilà), un jeudi, j'eus sous le jet d'eau chaude une sorte d'illumination, celle d'une revue littéraire au format livre, épaisse, qui allait s'appeler plus tard Scribulations après avoir failli se nommer Dixit. C'était bien aussi, mais des « Dixit », y'en avait déjà plein Google et Scribulations quasi pas. Ça compte.

 

On pourra trouver curieux de commémorer l'anniversaire de notre revue à la date de sa conception, mais tous les parents vous le diront : les conceptions sont bien plus agréables que les naissances. Quelques mois plus tard, mais moins de neuf, sortait le premier numéro de Scribulations, immatriculé 01/08 pour tromper l'ennemi. C'était pour pouvoir sortir un 02/08 et même un 03/08 puisqu'une parution trimestrielle était incluse dans l'utopie. Les deux premiers numéros (épuisés) sont sortis sous l'égide des éditions La Madolière, une très jeune maison d'édition dont « Routes enlacées » (épuisé dans sa version papier) de votre serviteur (épuisé) constituait le premier titre. Puis on a repris nos billes à partir du numéro 01/10, le bleu, celui avec la blatte en page 28. Ont suivis le « noir & métal » et le pop, trois et deux cinq. Cinq ans.

 

Illustration : elle représenterait un gâteau avec cinq porte-plumes plantés dedans, possiblement enflammés, mais là, j'ai pas eu le temps.

 

 

 


Mercredi 17 avril 2013 3 17 /04 /Avr /2013 14:37
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Lettrine--A-Emmanuel-Prunevieille-.jpg la suite de la publicité effrénée menée sur ce carnet pour Routes enlacées, version numérique, et d’un courrier auprès de l’éditeur, je suis en mesure de répondre à la question de savoir combien ont été vendus...

 

5.

 

Depuis, je suis mort de rire !

 

 


Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 13:02
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Taxi-vintage-2---Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

Lettrine (I taxi jaune) Le carnet de Jimidil y a des titres qui s’imposent. Je ne vois pas comment j’aurais pu résister au clin d’oeil m’invitant à écrire « Auto Édition » pour un livre faisant une telle part à la bagnole. En fermant le ban du recueil, cette nouvelle se trouve à sa place naturelle puisque je l’ai écrite en dernier. De même que son titre s’imposait, l’idée d’un livre un peu magique s’écrivant tout seul est apparue assez vite. Sans doute faut-il voir là le fantasme d’un auteur un peu fainéant, rêvant d’une écriture débarrassée de son labeur et de sa peine. Ce doit être un fantasme assez universellement partagé par les auteurs. Je le vois également à l’oeuvre par exemple dans les générateurs de texte de Jean-Pierre Balpe, réussissant à produire grâce à l’ordinateur, la prose poétique de très convaincantes balades lozérienne, ou des pages inédites de Flaubert qui sont, parait-il, à s’y méprendre. C’est également le rôle des « nègres », ces écrivains fantôme rédigeant anonymement pour d’autres et j’imagine facilement le plaisir étrange que ça doit être de lire un texte de soi qu’on n’a pas écrit.

Il est également vraisemblable que ce fantasme d’écriture automatique, produite en dehors de soi mais dont on peu s’attribuer à bon compte le bénéfice, participe de la plupart des nombreuses aventures d’écriture collaboratives auxquelles je me suis associé. A ceci près qu’alors, le bénéfice de l’oeuvre était partagé à égalité par tous ses auteurs. C’était d’autant plus facile qu’il s’agit là d’un bénéfice entièrement moral, tout ça n’ayant jamais rien rapporté financièrement.

D’ailleurs, « Routes enlacées » était au départ un projet d’écriture collaborative, dont j’ai pris le départ, pour m’apercevoir ensuite, en jetant un oeil par dessus mon épaule, qu’il n’y avait plus personne derrière. Pas grave. Ça m’aura au moins rassuré sur mes capacités d’écrire seul.

 

Pour « Auto Édition », j’avais donc un titre, l’idée d’un livre s’écrivant seul, le pas n’était plus très grand à franchir pour que ce livre soit le recueil « Routes enlacées » lui-même. Quatre des dix-sept autres nouvelles sont plus particulièrement évoquées dans la dix-huitième. Ça commence par « Auto-stop ». Georges, le narrateur, chauffeur de taxi, lit semble-t-il ce récit dans une première version dans laquelle les portraits des personnages principaux ne figurent pas, mais son imagination permettra d’aboutir à la version présente dans le recueil, d’ailleurs largement citée, dans laquelle on sait que le personnage féminin est une brune aux yeux clair. Georges lit également « Le petit chameau », dans la version présente dans le recueil, mais s’il regrette que les membres de la petite famille dont il est question ne soit pas décrits (décidément, c’est son truc) sa lecture n’ajoute rien. On constatera en lisant la version présente dans le recueil, que la famille n’est effectivement pas décrite dans le détail. Tu dis ? Dans le tiens elle l’est ? Ah, ah, très drôle ! Puis Georges lit « À fond la caisse » et constatant encore une fois qu’on ne sait pas grand chose de la narratrice, même pas son prénom, il la baptise « Corinne » et finit par lire une version de la nouvelle, réécrite à la troisième personne, dans laquelle le personnage principal s’appelle effectivement Corinne. Dix-neuf lignes de cette version sont citées, mais ce n’est pas la version présente dans le recueil. Puis Georges tente l’expérience de laisser ce livre s’écrivant tout seul dans la voiture d’un pote dont le fils est mort sur la route, ce qui permettra au livre de s’ajouter les pages d’« Accident », dont les onze premières lignes sont citées intégralement, dans la version présente dans le recueil.

 

Et là, j’ai un regret. Ça aurait été marrant de citer la première version de cette nouvelle, plutôt que la seconde ; on sait que je l’ai écrite deux fois. J’y ai renoncé à l’époque, sans doute pour décharger Georges (et moi) de devoir expliquer pourquoi ces deux versions étaient différentes, mais finalement, je me demande si cette différence n’aurait pas accrédité l’idée, auprès des lecteurs du recueil, que celui-ci étaient toujours en train de s’écrire... Bah, j’y penserai pour une éventuelle réédition...

 

Voilà fini le tour des dix-huit nouvelles de « Routes enlacées », toujours disponible chez ÉLP dans sa version numérique, au prix ahurissant de quatre euros quatre vingt dix neuf, ce qui rend incompréhensible que tu n’en aies pas encore acheté un pour chacun de tes cent cinquante amis Facebook. Non, parce que tu comprends, j’aimerais bien aller aux Bahamas, ou à défaut, en Corse (c’est d’ailleurs prévu), mais autrement qu’en pelletant du charbon en salle des machine. Je ne voudrais pas avoir l’air de me la jouer, mais avec l’à valoir de Gallimard pour «Zones d’ombre », je m’étais acheté un bateau. Tu dis ? Avec des rames ? Faux : des pagaies.  

 

 

 

 

Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 07:18
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Routes enlacées - Transports - Élp éditeur - Le carnet d

 

 

Lettrine--Q-Vacances--Le-carnet-de-Jimidi.jpguelque chose disparaît assez vite quand on fini d’écrire un livre, emporté par le soulagement, c’est le souvenir des difficultés. Le temps passé aussi. Aujourd’hui, je serais incapable de dire combien de temps m’a été nécessaire pour écrire les dix-huit nouvelles de Routes enlacées, ni à quelles difficultés s’est heurtée l’écriture de chaque. Sauf « Transport », la dix-septième. Je suis très content de sa forme finale et n’ai aucun regret la concernant, mais il me semble me souvenir que je n’y arrivais pas. Comment ? Pourquoi ? Je ne sais plus dans le détail, mais c’était interminable et pénible. Puis je crois que Lise m’a botté les fesse et que c’est reparti jusqu’à la fin, avec une bonne impulsion, puisqu’avec ses vingt six  pages, cette nouvelle est la plus longue du recueil.

 

Alors là, oui, « Transports » est bien une histoire d’amour, une vraie,  sur fond de patinoire et de hockey sur glace. Pourquoi ai-je choisi ce sport, dont je n’ai jamais vu aucun match autrement que par bribes à la télé, et auquel je ne comprends pas grand-chose ? Je ne sais plus. Il devait-y avoir une bonne raison pour le préférer au foot et au basket, qu’au moins les enfants pratiquaient, mais laquelle ? Reste que dans « Transport », l’amour est une chose à la fois compliquée et simple. Je me souviens que pour Jane, ma complice pour « Zones d’ombre », le sentiment amoureux laissait à la fois très heureux et très malheureux. Peut-être l’ordre dans lequel ces deux extrêmes se distribuent dans le temps fait-il toute la différence ? Dans « Transports » au moins, ça se termine bien.

Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 20:16
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A fond la caisse - Routes enlacées chez ELP - Le carnet de

 

 

Lettrine (P Rallye) Le carnet de Jimidias besoin d’aller bien loin pour trouver qui m’a inspiré « À fond la caisse », la seizième nouvelle du recueil « Routes enlacée », disponible chez ELP au prix dérisoire de 4,50€. C’est ma brune, bien sûr et quiconque a déjà été son passager en voiture n’aura aucun mal à faire le lien entre elle et la narratrice. Elle s’est calmée, surtout depuis qu’elle a failli perdre son permis de conduire, sauvé in extremis grâce à un point du mien que je lui ai donné - oui, je sais, c’est interdit. Mais à l’époque, c’est peu dire qu’elle conduisait « le pied dans les tôles ». Elle n’usaient guère ses pneus : ils ne touchaient pas beaucoup la route. Pour écrire la nouvelle, je me suis également inspiré d’une anecdote perso, cueillie pendant mon stage permis de conduire, alors qu’on avait été lâchés sur la piste et que j’avais un peu fait le fou. Sinon, le décor de la nouvelle est situé à Mâcon, où j’habitais à l’époque de son écriture, et tous les détails, les noms des rues, les itinéraires sont vraisemblables.

 

À cette même époque, je travaillais avec Jean-Louis C. éducateur comme moi, raide dingue de voitures rapides. À l’occasion d’un anniversaire, le cinquantième peut-être, sa famille s’était cotisée pour lui offrir une Subaru Impreza, un petit monstre bleu assez teigneux. Je ne suis jamais monté à bord, mais je crois que j’aurais adoré battre avec Jean-Louis le record Mâcon-Digoin et retour par la RCEA Centre Atlantique, cette route parcourue mille fois pour le boulot, rongeant mon frein au cul d’un camion impossible à doubler.

Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 10:21
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Matthew-Cusick---Chasing-the-dragon---Le-carnet-de-Jmidi.jpg

 

 

Lettrine--D-Arm-Matthew-Cusick--Le-carnet-de-Jimid-copie-1.jpgussé-je déchoir à tes yeux, cher lecteur dont la meilleure moitié est une femme, je ne m’interdis pas de recycler quand j’écris. Il n’y a là aucune préoccupation écologique, c’est juste que j’ai du mal à tenir la longueur et l’épaisseur. Donc je prends des textes prévus pour ailleurs, ou écrits pour autre chose, et je bourre. Je l’avoue d’autant plus tranquillement que je n’en éprouve aucune honte. Ganymède cantonnier, la quinzième nouvelle du recueil « Routes enlacées » est donc extraite d’un mien roman titré IO, qui n’a pas été publié. Je plaide coupable, avec cette circonstance atténuante que personne n’ayant pu lire cet extrait ailleurs, personne ne devrait se sentir volé.

Je suis quand même en état de récidive puisque en son temps « Zones d’ombre » m’avait permis de recycler tout un tas de trucs, parmi lesquels un compte rendu de voyage professionnel à Budapest et des poèmes triangulaires, que j’ai eu le malheur d’insérer en italique dans le manuscrit. Patrick Raynal, directeur de la collection « Série noire » chez Gallimard, avait alors tiqué sur ces passages : « Trop écrits ». À sa demande, je les avais virés, sauf un auquel je tenais particulièrement à cet endroit, mais dont j’ai supprimé l’italique. Hop, ni vu ni connu. Il est page 78 : « S’en ira loin de moi, l’enfer du corps, refroidi par le bleu insatiable des pulsions antarctiques. Et je m’éteindrai, dévié du rouge par ce ordre inflexible du spectre. Tout luit et sombre. Quelle autre nuit est-ce ? » Tout ça est sensé pouvoir se distribuer dans un losange, première ligne, une lettre, deuxième deux etc. (En recomptant, il me semble que ça foire, mais je ne sais plus si la ponctuation comptait ou pas...)

Circonstance aggravante, au départ, je n’avais pas prévu un mais deux extraits de IO dans Routes enlacées. L’autre était titré : La balade de Sinopé. À quel moment et pourquoi a t-il disparu du manuscrit, je ne sais plus.

Sinon, la scène dont il est question dans « Ganymède cantonnier» est partiellement vécue, c’est à dire que j’ai bel et bien vu un jour, dans la parcelle de prairie ronde que délimitait la bretelle d’accès d'une voie rapide, un jeune garçon en train d’en faucher l’herbe. Il y avait quelque chose de surréaliste dans cette rencontre entre un personnage rural et son activité millénaire, surgi de l’aube des âges (et du sien) et cet environnement urbain de voitures et de macadam. J’ai juste rajouté les fleurs.


 

Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 11:19
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Le-lecteur-de-voiture---Routes-enlacees-chez-ELP---Le-carn.jpg

 

 

Lettrine--A-coucher-de-soleil-du-22-mars-.jpgyant beaucoup pensé à Frédéric Develay en écrivant « Le lecteur de voiture », la quatorzième nouvelle du recueil « Routes enlacées », je lui ai dédiée. Develay est un artiste conceptuel attaché au texte et je constate avec Google qu'il a très heureusement persévéré dans cette voie grâce à laquelle nous l'avons rencontré dans les années 85-95 alors que je participais activement aux activités du groupe LAIRE (Lecture Art innovation, Recherche Ecriture) avec mon ami Philippe Bootz, poète numérique. Je ne vais pas t'assommer ici avec ce qui nous agitait à l'époque, mais notre propos commun était de faire sortir la poésie de la page, chacun déclinant ce propos très large avec sa sensibilité et sa technique propre. Perso, j'aurais assez bien vu la poésie couvrir certains espaces publiques extérieurs, façades d'immeubles, rues, d'où mes recherches du côté des alphabets modulaires, permettant de remplir des surfaces rectangulaires de textes composés à partir d'éléments graphiques simples, en nombre limités. Tibor Pap et Philippe Bootz et Claude Maillard étaient plus attirés par les possibilités offertes par l'informatique – on était au début de la généralisation des ordinateurs personnels – mais Frédéric Develay restait attaché comme moi à une certaine spectacularité matérielle qui, en ce qui le concerne, a donné des pièces bien intéressantes. Je me souviens notamment d'une expo de cartons remplis chacun d'un bloc de mousse d'emballage, des textes ayant été découpé au laser là dedans, comme « Art prêt à s’emporter », ou quelque chose comme ça. Tu vois le genre ? Par ailleurs, Frédéric avait décliné les variations possibles à partir de la proposition « Le texte écrit peut être lu » : Le texte non écrit peut être lu ; le texte écrit peut ne pas être lu, etc. Il titrait volontiers ses oeuvres « La fatigue du papier » et il reste, avec Orlan, le créateur en 1985 de la première revue d'art sur Minitel – Art-Access - qui préfigurait ce qu'on trouve maintenant à foison sur le Net (sans même parler de ce carnet) et qu'on était bien loin d'imaginer à l'époque.

 

Aussi, Le lecteur de voiture se présente-t-il comme une sorte de nouvelle « à thèses ». On y trouvera l'idée chère à Duchamp, selon laquelle l'art, mais ici également la littérature, vaut surtout par la situation qu'on lui donne. La nouvelle inverse la proposition. Ce n'est plus l'urinoir qui entre au musée, mais la littérature qui envahit les objets quotidiens et les supermarchés. L'autre idée sur laquelle repose cette nouvelle est plus métaphysique. C'est celle du verbe créateur de vie. Une idée vaste et vieille comme le monde, mais mise ici dans une situation inattendue puisqu'au final, c'est une voiture qui en fera les frais. Du coup, se trouve exposée une autre idée qui m'est chère selon laquelle les frontières entre le naturel, l'artificiel, le vivant, le mécanique se trouvant de plus en plus poreuses, les machines ne devraient pas tarder à devenir la quatrième espèce intelligente sur Terre. Tu dis ? Tu ne vois pas bien qui sont les trois premières ? L'homme, la femme et le langage.

 

Je ne vais pas me lancer ici dans le recensement des œuvres dans lesquelles figurent des machines intelligentes... Terminator, les zylons de Battelstar Galactica, I robot, IA et généralement toutes les histoires de robot. Certains auteurs comme Asimov en ont même fait leur fond de commerce. C'est d'ailleurs à lui que j'ai piqué l'idée que les voitures puissent devenir un peu autre chose que de simples véhicules. La nouvelle à laquelle je pense est titrée « Sally ». Si j’en crois Wikipedia, cette nouvelle a été publié en France dans le recueil « Le Robot qui rêvait » et « L’amour, vous connaissez ? »

 

Dans « Le lecteur de voiture », on est plutôt dans une variante du mythe du golem, dont je te rappelle le mode d'emploi : tu façonnes une silhouette anthropomorphe avec de la boue – ça marche peut-être également avec de la mis de pain – tu écris je ne sais plus quoi sur son front ou dans sa bouche et hop, il vit. On découvrira à la fin de la nouvelle qui est exactement la narratrice.

 

 

Routes enlacées sur le blog de l'éditeur 

 

Illustration : Après avoir tourné un peu autour de l'idée de voiture et d'écriture, je me suis dit que se serait pas mal de repeindre un robot transformers d'une écriture manuscrite. Sans trop y croire, j'ai regardé s'il en existait une version disponible pour mon modéliseur 3D préféré (Google Sketchup) : y'en avait plein. Et comme je sais importer une image pour servir de papier peint, le reste n'était qu'une question de temps... Un filet garni à qui reconnait l'écriture. C'est quelqu'un d'entre vous.

 

Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 20:13
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Routes-enlacees---Le-general-des-poids-lourds---Elp-ed.jpg

 

 

Lettrine--S-logo-Berliet--Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

 

 

 

 

ur « Le général des poids lourds », la treizième nouvelles du recueil « Routes enlacées », désolé, mais je ne vais pas avoir grand-chose à dire. Elle fait partie des histoires sorties ex nihilo de cet endroit où elles attendent peut-être patiemment qu’on les écrivent, jusqu’à franchir l’écran de papier, ou l’écran tout court, sans qu’on puisse après en changer une ligne. Il n’y a rien d’autobiographique dans cette nouvelle, à part l’aquarium. J’ai longtemps eu des aquariums, avec des poissons. Actuellement, il m’en reste un, avec quatre vaches miniatures, mais c’est une autre histoire. Je ne connais aucun chauffeur routier et cet univers m’est quasi inconnu. Mais du coup, n’étant encombré ni par les souvenirs ni par le souci de coller à la réalité, il me semble que l’écriture de cette nouvelle a beaucoup bénéficié de cette liberté. Parce qu’en somme, c’est l’histoire d’un type, mais racontée par un autre type et finalement rapporté par un troisième. Autrement dit, c’est l’histoire d’un chauffeur routier, racontée par un collègue à un journaliste. Du coup on navigue de l’un à l’autre de ces trois calques superposés, mais ça se passe pas mal. Il y a deux phrases que je voulais absolument caser dans cette nouvelle : « (...) dans un bras mort de la RN7 », parce que j’aime bien cette idée que les travaux des ponts et chaussées délaissent parfois certains virages, comme le cours des fleuves des méandres et des bras morts. Également « Ils n’avaient qu’une âme pour deux. » qui est une phrase n’ayant aucun sens quand elle m’est venue, mais qui m’a donné très envie de créer un contexte où elle puisse en avoir un. C’est fait.

 

 

Routes enlacées, sur le blog de l'éditeur

 

 

 


Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 19:09
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Routes enlacées - Le petit chameau - Élp éditeur - Le ca

 

 

Lettrine (I chameau) Le carnet de Jimidi

 

l y a bien eu une voiture surnommée « Le petit chameau », celle de Babar et Mauricette, les adorables beaux-parents de mon plus jeune frère. Je ne sais plus si c'était une 205 Peugeot. En revanche, je me souviens très bien d'une autre 205, celle de ma brune, dont l'intérieur avait bel et bien été repeint de couleurs vives par un sien pote carrossier, comme dans la nouvelle. C'est en pensant à cette voiture, à laquelle ma brune était viscéralement attachée, que m'est venue cette histoire. Cette 205 là nous a accompagné plus de 300 000 km et si nous avions pu célébrer de vraies funérailles plutôt que de l'envoyer à la casse, je ne doute pas que nous l'eussions fait. Jamais connu une voiture qui use si peu ses pneus. Il faut dire qu'ils touchaient assez peu la route, ma brune ayant (à l'époque) l'habitude de conduire à fond, le pied dans les tôles. C'est d'ailleurs en pensant à elle que j'ai écrit « A fond », également présente dans le recueil, mais n'anticipons pas. J'ai également agrégé, en l'adaptant, l'épisode de la naissance un peu rock'n'roll de notre dernier, qui n'est pas né sur une banquette arrière de voiture, mais sur celle du salon et pendant que je n'y était pas, j'ai agrégé un petit quelque chose de notre Kangoo bleue, la première voiture qu'il m'ait été donné (si j'ose dire) d'acheter neuve, en choisissant en famille la couleur et les options. J'ai également mis un peu d'une autre voiture, la Renault 5 qui nous a accompagné en Corse – ne cherche pas dans tes souvenirs ma Gra-gra, c'était avant ta naissance – et dont nous avions chargé le toit d'un volume assez comparable à celui de la voiture elle-même.

 

Ceci dit, il est temps de te l'avouer, conduire m'ennuie profondément et je ne me suis sentimentalement attaché à aucune de mes voitures. J'aime les belles voitures, celles que je n'aurais jamais, mais les admirer de loin me suffit amplement et puisque tu veux tout savoir, j'ai une admirations toute particulière pour les Lamborghini.

 

 Le recueil  Routes enlacées chez ÉLP

Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 18:44
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