Partager l'article ! Architecture ronde - Maison de vacances à Vals (Suisse) - Christian Müller architecte: ...
écouverte sur Netkukture, qui l’a dénichée je ne sais plus où, cette « maison de vacances »
construite en Suisse, mérite incontestablement sa place dans notre collection de maisons rondes. Troglodyte ? Oui, en ce que les volumes d’habitation sont souterrains, intégrés dans le
relief naturel du terrain qui les accueille, mais ronde en ce que leurs ouvertures sur l’extérieur s’organise autour d’un cylindre coupé en biais. D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi je vous
précise tout ça, vu qu’en un coup d’œil sur la première photo, on saisi parfaitement l’idée.
Cette maison est remarquable à bien des points de vue, dont un, qui ne me quitte plus : certains détail y sont tout à fait agaçants. Je trouve l’ensemble particulièrement réussi et j’aurai l’occasion au fil des photos de m’extasier, mais on trouve ça et là d’inexplicables fautes de goût dont toutes ne sont pas imputables au client.
Trois sont parfaitement visible sur cette première photo :
· Le rond, le bord entre le terrain et le bâti, ne parait pas complètement rond, mais curieusement imprécis, flottant, limite gondolé.
· La barrière anti-chute est particulièrement moche là où des buissons épineux, ras, auraient avantageusement rempli le même usage.
· La parabole satellite, ici, vous êtes sûrs ? Vous me direz, il faut bien l’accrocher quelque part. Oui, ben pas là, d’autant qu’on le verra après, cette maison est reliée à une dépendance (ancienne, réhabilitée), sur la cheminée de laquelle cette poêle à frire aurait été plus discrète.
Cette photo de la vue sur les montagnes, prise de la terrasse ronde, donne toute sa justification à cette maison, dont l’ouverture incite à regarder vers le haut, vers cette portion de paysage, choisie, isolée. C’est d’autant plus intéressant qu’on verra cette construction installée au sein d’un village suisse finalement assez moche. Mais là encore, l’espèce de spa bleu en forme de mamelle de vache vient parasiter la perspective et l’harmonie recherchée - assez miraculeusement trouvée - entre le béton brut et les matériaux naturels.
Sur cette photo, malgré le bord pas net, j’admire le travail réalisé sur les ouvertures, dont la disposition gentiment irrégulière me parait tout à fait réussie. On suppose que la madame est la proprio. Je crois qu’on la revoit dans son escalier plus loin… Oui, la voilà.
Me suis longuement demandé ce que c’était que cet escalier. Il faut dire qu’à ce moment là, je n’avais pas encore eu l’idée d’aller sur le site de l’architecte. Puis au fil des vues, je me suis demandé où les proprios garaient leur voiture, mais une des photos, montrant une partie de l’habitation qui ne cadrait pas avec le reste, m’a mis sur la voie : l’ensemble est composé de DEUX bâtiments. Le corps d’habitation proprement dit et une dépendance, qui m’a l’air d’une ancienne grange, les deux étant reliés par un long escalier souterrain. (Cf. l’image 2 sur le site de l’architecte). Marrant. Un peu cinglé, mais marrant, et très réussi. Sans doute pratique en cas de neige.
Je ne vous fais pas la visite intégrale. Le site d’où j’extrais ces photos vous en présentera 37 ; largement de quoi vous faire une idée plus complète. Mais certaines pièces me paraissent remarquables, dont une salle de bain complètement ratée. Vous remarquerez le parti pris de l’architecte d’user et d’abuser des différences de niveau d’une pièce à l’autre. J’adore. Il pousse le truc assez loin puisque certains accès ne débouchent pas au niveau du sol de la pièce qu’ils desservent, rendant nécessaires et tellement sympathiques, toute une déclinaison d’escaliers. Je ne souhaite à personne de devoir se déplacer en fauteuil roulant là dedans, mais le béton brut, ajouté à certains angles en biais, plus les différences de niveau, installent l’idée qu’on est dans un espace dont l’usage en tant qu’habitation est circonstanciel. On retrouve donc cette idée de grotte, voulue, construite, subtilement suggérée, enthousiasmante.
Alors là, les croisées d’ogive en carton ondulé, moi je dis bravo ! Totale réussite.
En revanche, cette salle de bain me parait complètement dépourvue d’imagination, sans d’intérêt et tout à fait ratée. C’est d’ailleurs assez curieux, mais en fouillant un peu dans le site de l’architecte, on trouve au moins deux autres exemple de salle de bain, tout aussi ratées. Marrant ça, d’être génial et d’avoir un point faible, un défaut : la salle de bain...
... et les éclairages. Parce qu’un autre parti pris, mais relevant peut-être plus de la déco que de l’architecture, c’est les éclairages monstrueux. Faites défiler les photos en ne regardant que les lampes : c’est très éclairant (si j’ose dire). Perso, je décerne la palme des lampes les plus moches à celles suspendues au dessus de la magnifique table dans la salle à manger.
Ci-dessous, une photo du projet, sensiblement différent de la réalisation finale, mais qui "explique" les différences de niveaux et pour conclure, une photo de la maison sous la neige...
Jimidi 5 décembre 2009
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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