Les objets introuvables de jacques Carelman

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Je suis un peu embêté avec cette note sur Jacques Carelman, l’auteur du « Catalogue d’objets introuvables » (Livre de poche - 1975 et 1989. Le cherche midi - 1997. France Loisir 1982. Balland - 1969, 1976 et 1984). Je suis un peu embêté parce qu’on pourrait ne pas comprendre que je n’en parle pas, ce carnet regorgeant de catalogues et d’objets à peine moins ahurissants, mais d’un autre côté, présenter le travail de J. Carelman dans la continuité des autres ne me paraîtrait pas rendre justice à la démarche de l’artiste.  Donc, qu’on soit bien d’accord : même s’ils se ressemblent, ce qui différencie pour moi essentiellement, Le catalogue d’objets introuvables (et donc ces objets eux-mêmes) de… disons du catalogue Vitrine magique, ou du défunt catalogue Manufrance dont Jacques Carelman s’est inspiré, c’est la démarche. L’un soutien un propos là ou l’autre veut réaliser une vente.

Leurs points de départ ne sont peut-être pas aussi éloignés non plus l’un de l’autre. Sans doute le catalogue d’objets introuvables et les vendeurs de gadgets puisent-ils leurs trouvailles dans notre inépuisable quête d’objets. Mais l’un ironise superbement où l’autre cherche juste à profiter de l’égarement de nos désirs.

 

On trouve au moins un exemple d’objet qui, ayant été imaginé par Jacques Carelman comme une absurdité rigolote, a rencontré des entreprises pour le fabriquer : la baignoire à porte. On pourrait aussi se demander si son vélo à pratiquer en position couchée n’a pas inspiré ceux qu’on croise parfois avec étonnement sur nos routes. Mais c’est un peu l’exception qui confirme la règle. Hormis pour figurer « en vrai » dans certaines expositions, les objets introuvables de Jacques Carelman n’ont pas pour vocation d’être fabriqués, leur image suffisant très généralement à soutenir leur propos, fait de critique sociale (heureusement peu appuyée), d’humour, mais essentiellement de poésie.

Et c’est sans doute grâce à cette inépuisable capacité à nous faire décoller, à nous montrer des ouvertures sur ailleurs, à nous entraîner à leur suite, au-delà des apparences familières, vers l’inconnu que ces objets ont toute leur place sur ce carnet.

Y’a un autre truc qui me gênait pour cette note, c’est d’avoir l’air de réduire l’œuvre de Jacques Carelman à son opus le plus connu. C’est terrible l’écrasant succès. Je plein sincèrement les chanteurs d’un seul tube, les écrivains d’un seul best-seller. Comment continuer, quand on ne fait plus qu’un avec son seul titre de gloire ? Tout porte à croire de Jacques Carelman a réalisé bien d’autres choses que ces fameux catalogues (il y en a deux tomes), mais pour trouver précisément quoi, faut déjà y passer du temps. C’est néanmoins l’effort réalisé par Mitchul sur son blog et nous l’en remercions, mais sur « Le catalogue des timbres-poste introuvables » par exemple, Google image renvoie une Vénus de Milo des postes du Vatican, pudiquement vêtue d’un soutien-gorge, et c’est tout. On trouve aussi assez vite que l’artiste a revendiqué vingt ans après être l’auteur de l’affiche de mai 68 « CRS - SS », mais c’est tout. A partir des références cités ci-dessous par le site du Centre International de la Poésie de Marseille, perso, je n’ai trouvé aucune doc.

Si vous m’avez lu jusque là, vous aurez constaté que j’ai fait fi de mes réticences, de mes atermoiements et même de mes hésitations, mais pas de cette sale manie de répéter trois fois la même chose, pour vous livrer cette note estivale sur Jacques Carelman. Puisse ses objets introuvables vous faire rêver.

  

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Un site sur lequel vous trouverez pas mal de photos d’objets réalisés, en particulier cette « Enclume de voyage » qui perso, me fait bien planer.

 

JACQUES CARELMAN. Né une semaine après le Krach historique de Wall Street. S’installe à Paris en 1956 pour se consacrer à la peinture et à la sculpture (Mécaniques pour Cyrano, participation à l’exposition Les Machines célibataires, etc.), aux décors et costumes de théâtre (du Molière, du Gogol, etc.), à l’illustration de livres (Contes des mille et une nuits, romans et nouvelles de Dostoïevsky, Le Petit Supplément à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, etc.). Il est surtout connu pour son Catalogue d’objets introuvables (1969), objets auxquels il a donné corps et qu’il a exposés de par le monde. Membre fondateur de l’OuPeinPo. Régent du Collège de 'Pataphysique, titulaire de la Chaire d’Hélicologie. (in Fatrazie)

 

Trouvé sur le site du Centre International de la Poésie de Marseille :

Principalesréalisations :

 

Théâtre

Comme décorateur (décors et costumes). Plusieurs pièces de Molière, Le Journal d’un fou de Gogol, une adaptation scénique du Candide de Voltaire, deux opéras : Jenufa de Janacek et Le Roy d’Yvetot de Jacques Ibert à l’Opéra de Strasbourg, etc.

 

Sculpture

Réalisation en trois dimensions de deux des « machines » décrites dans Locus Solus de Raymond Roussel (la « hie » et le « diamant »), et de la « machine à inspirer l’amour » d’après Le Surmâle d’Alfred Jarry. Ces trois pièces faisaient partie de l’exposition « Machines célibataires » organisée par Harald Szeemann et présentée dans les principaux musées d’art moderne européens.« Mécaniques pour Cyrano », ensemble de 12 sculptures-machines inspirées par Les Empires et états de la Lune et du Soleil de Cyrano de Bergerac.

 

Édition

Illustrations de romans et nouvelles de Dostoïevski, Tourgueniev, Gogol, Pierre Benoit, Pierre Mac Orlan, Gaston Leroux, Souvestre et Allain, Marcel Aymé, Raymond Queneau (Zazie dans le métro et Exercices de style), La Fontaine (Fables en rébus).

 

Auteur complet, textes et illustrations

• Un conte en collages, Sarokala-Géante,

• Le Petit supplément à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert

• Le Catalogue des timbres-poste introuvables,

• Le Catalogue d’objets introuvables, traduit en 19 langues (dont le coréen, l’hébreux et le finnois) et qui a fait connaître l’auteur d’un vaste public.

Jacques Carelman se consacre actuellement à la peinture. Il est membre fondateur de l’Ouvroir de Peinture Potentielle (Oupeinpo) qui recherche de nouvelles structures, essentiellement à base mathématique, dans les arts plastiques. Il est également membre du Collège de Pataphysique où il est chargé de la chaire d’Hélicologie, c’est-à-dire l’étude de la Spirale, c’est-à-dire la Gidouille (du Père Ubu).

 

Jimidi 8 juillet 2010

 

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