Partager l'article ! Écriture et musique: erso, je trouve un certain réconfort dans la comparaison entre écriture et musique. Les deux entreti ...
erso, je trouve un certain réconfort dans la comparaison entre écriture
et musique. Les deux entretiennent au moins deux grands points communs. Elles ne donnent pas immédiatement un objet à saisir dans son ensemble puisqu’on doit les parcourir : lecture pour l’une,
écoute pour l’autre. Les deux naissent puis s’incarnent dans des situations très différentes, allant des gammes quotidiennes du pianiste, ou du rédacteur de blog, jusqu’au concert symphonique. Ne
me demandez pas ce qui ressemblerait à un concert symphonique pour un écrivain : je n’en sait rien. Son texte dans une anthologie préfacée par Stephen King et vendue à cinq cent mille exemplaires
?
La musique, j’ai pratiqué. Guitare et batterie. Pas en même temps. Le chant aussi. En chorale puis à la guitare. La batterie, j’en jouais seul au sous-sol. N’allez pas imaginer des sessions de rock de garage en fin de semaine avec les potes et la muse Kronenbourg. Y’a jamais eu. Ça peut paraître très con de jouer des années de la batterie seul, cet instrument ayant plutôt vocation à en soutenir d’autres rythmiquement, mais c’était comme ça. N’allez pas imaginer non plus le très jeune Jean-Marie Dutey avec un gros casque audio se la jouant façon « drum-heros » avec de la grosse pop sur laquelle il aurait ajouté ses pilonnages maladroits… Non : seul.
Et tiens, pendant que j’en suis à vous raconter ma vie musicale (pour ce qui est de ma vie sexuelle, désolé, mais on ne se connaît pas encore assez, pi les gamins ne sont peut-être pas encore tous couchés chez vous, de toutes façons, c’est réservé aux lecteurs payants.) sachez que pendant ce temps là mon frère aîné apprenait le piano, avec la rage et l’obstination - et la réussite - dont il a toujours fait preuve quelque soit son activité. Il est arrivé a un niveau de virtuosité très étonnant, qui est toujours le sien. C’est dire qu’on en a bouffé de la gamme, de l’exercice de doigté et de la méthode rose. Mais - pour revenir à l’écriture - la pratique d’un instrument donne assez bien cette idée d’exercices, de morceaux répétés, composés seul puis donnés à entendre ou à lire à un public de proches, puis parfois de moins proches, nombreux ou pas.
Là, vous êtes en train de passer dans la rue Internet et par la fenêtre ouverte de cet ici-carnet, vous m’entendez improviser plus ou moins brillamment sur ce thème de l’écriture qui m’est cher. Vous pouvez vous arrêter ou non, applaudir ou pas, ce carnet reste une salle de répète.
Je ne crois pas que la question de l’instrumentiste, encore moins celle de la musique, soit au fond de jouer seul ou à plusieurs, dehors ou dedans, en fa ou en sol. La question est plutôt de savoir quelle musique jouer. Après, mais après seulement on voit comment, avec qui, où, et s’il faut courir le cacheton ou pas. Y’aura-t-il du public, aura-t-on du succès ? On verra.
Jimidi 19 juin 2010
... des pages de ce même carnet, archivant les articles par thème : Architecture ronde, Conso, Art, Lectures etc.
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